Culture

Autrement l’Afrique

Mis à jour le 10 janvier 2011 à 18:20

Le continent se collectionne sous toutes ses formes : pagnes à effigie, vinyles des années 1970, perles multiséculaires… Autant de manières originales de conserver le patrimoine culturel africain. À découvrir.

Ils aiment l’Afrique passionnément. Et y consacrent l’essentiel de leur temps (toujours) et de leur fortune (parfois). À la recherche de la pièce unique ou de l’objet rare. Amateurs ou professionnels, ces collectionneurs d’un genre particulier construisent une Afrique haute en couleur. Point de masques ou de tableaux, mais des tissus, des disques et des perles qui témoignent d’un patrimoine et d’une créativité intarissables.

Compilées à partir d’objets a priori ordinaires, ces collections du quotidien n’en apportent pas moins de riches enseignements. Les pagnes « à effigie », tissus imprimés en l’honneur d’un chef d’État ou d’un dirigeant de parti, montrent à quel point le politique peut envahir la rue.

Créés à l’occasion de cérémonies particulières, ils sont ensuite portés pour aller au marché, au bureau ou à l’église. On affiche alors son engagement et l’on se transforme en un magnifique « espace publicitaire ». Ces étoffes confirment que le pouvoir ne se partage pas : les femmes qui ont un pagne à leur effigie font figure d’exception.

Au goût du jour

Reflets d’un statut social ou matrimonial, symboles de richesse, les perles nous en disent long sur l’histoire du continent. Inventés par les Égyptiens au Ve siècle avant J.-C., perfectionnées par les Italiens, les millefiori sont arrivées en Afrique de l’Ouest au XVIIIe siècle, troquées contre des esclaves. Depuis, elles ont dessiné une esthétique africaine chatoyante que l’on retrouve sur les pochettes des vinyles des années 1970. C’est l’époque de la star ivoirienne Soro Ngana et du père du jazz éthiopien, Mulatu Astatke, du highlife ghanéen et de l’afrobeat nigérian. Autant de styles qui reviennent au goût du jour. Le combo d’afro-funk béninois, le Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, prépare son grand retour sur la scène internationale pour début 2011, après vingt ans d’absence.

Ce qui ne manquera pas d’apporter un regain d’intérêt pour ces pépites des années 1970 dont les prix peuvent parfois atteindre quelques milliers d’euros…