Musique

Concerto pour un État indépendant

Concert de l'Orchestre national palestinien à Haïfa, le 1er janvier 2011. © D.R.

Des milliers de Palestiniens ont pu écouter, le 31 décembre, au Palais culturel de Ramallah, mais aussi à l’extérieur grâce à un écran géant, du Mozart et du Ligeti joués exclusivement par des compatriotes. Le nouvel Orchestre national palestinien a été officiellement lancé dans les tout premiers jours de 2011. Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, qui œuvre à la création d’un État par une politique de faits accomplis, était justement présent ce soir-là pour saluer la naissance d’une nouvelle institution nationale. Le Palestine Symphony Orchestra des années 1930 avait été confisqué et rebaptisé Israel Philharmonic Orchestra en 1948, lors de la création de l’État hébreu.

« Cela fait trois ans, a expliqué à Jeune Afrique Tim Pottier, le manager de l’orchestre, que le projet était en préparation. Le défi majeur a consisté à faire venir du monde entier des musiciens talentueux de la diaspora. Jusqu’à la dernière minute, Israël n’avait pas donné leur visa à certains d’entre eux. »

L’orchestre réunit quarante-cinq musiciens, des Palestiniens « de l’intérieur » mais aussi des réfugiés vivant en Syrie, comme Iyad, le joueur de basson, ou des enfants d’exilés, comme le violoniste américain Charlie, qui n’était jamais venu en Palestine. Le lendemain, un deuxième concert a été donné à Jérusalem, puis un troisième à Haïfa – une ville israélienne où les habitants sont majoritairement arabes – qui a particulièrement ému les musiciens, lesquels ont ouvert la soirée en jouant l’hymne national palestinien.

« Nous sommes à l’un des moments les plus critiques de la lutte pour l’indépendance », a déclaré le directeur du Conservatoire national de musique, Souhail Khoury. Les négociations de paix étant au point mort et les financements de l’Union européenne, de l’Unesco et de la Banque de Palestine ne permettant pas d’acheter la liberté de mouvement des musiciens, le nouvel Orchestre national ne pourra donc se réunir, dans l’état actuel des choses, qu’une fois par an.

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