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Capital-investissement, deux africains à fond

Les gestionnaires de fonds Cauris (Togo) et Cenainvest (Cameroun) viennent de lever 60 millions d’euros à investir dans les PME du continent.

Dans le monde des financiers, ils ont su se faire une belle place. Cauris Management et Cenainvest ne sont pourtant basés ni à Londres, ni à Johannesburg, ni à New York, les places fortes du capital-investissement africain. Togolais pour le premier, camerounais pour le second, les deux gestionnaires viennent de lever en quelques mois un peu plus de 60 millions d’euros.

Doté de 45 millions d’euros, le nouveau fonds Cauris Croissance II triple la taille de son prédécesseur, Cauris Croissance, et attire parmi ses souscripteurs l’agence de développement britannique Commonwealth Development Corporation (CDC). Cenainvest, de son côté, a été sélectionné par la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale pour le secteur privé) pour gérer le Central Africa SME Fund, un fonds pour l’instant doté de 16 millions d’euros sous gestion et qui investira en RD Congo et en Centrafrique. Deux pays dans lesquels le gestionnaire va d’ailleurs créer très rapidement des bureaux avec son partenaire néerlandais XSML.

En un peu plus d’une décennie, les équipes menées par Noël Eklo (Cauris) et Albert Bengala (Cenainvest) ont accumulé une expérience conséquente : Cauris a investi dans 41 entreprises depuis 1997, tandis que Cenainvest affiche près de 35 investissements au compteur depuis 1998.

« La rentabilité dégagée par les fonds de Cenainvest et de Cauris n’est pas comparable à celle des grands fonds de capital-­investissement panafricains, explique un investisseur qui connaît bien les deux structures. Du coup, leurs principaux sponsors restent des institutions de développement, plus rarement des investisseurs privés. Mais Cenainvest et Cauris soutiennent réellement les PME, alors que les grands fonds sont davantage tournés vers les groupes régionaux, voir panafricains. »

Priorité aux francophones

Une mission de développement, en quelque sorte, qui se retrouve dans les soutiens historiques des deux capital-investisseurs (Banque ouest-africaine de développement pour Cauris et Afriland First Bank pour Cenainvest) et que confirme la taille des tickets investis au capital des entreprises : de quelques centaines de milliers d’euros pour Cenainvest, à 3 millions ou 4 millions d’euros pour Cauris, quand des géants comme Actis ou Helios Investment Partners en misent pas moins d’une centaine de millions par opération.

Autre spécificité : la concentration des investissements sur l’Afrique subsaharienne francophone. Cette région reste encore largement délaissée par les capital-investisseurs professionnels, et les autres structures basées sur place, comme Afig (Sénégal) ou PCM Capital Partners (Côte d’Ivoire), ont délibérément choisi d’investir également dans les pays anglophones, préférant ne pas se priver des dynamiques marchés ghanéen ou nigérian.

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