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Tunisie : c’est une révolution

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Politique

Tunisie : le dernier discours de Zine el-Abidine Ben Ali

 Le 13 janvier 2011 à la télévision.

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Mis à jour le 16 janvier 2011 à 15:08

« Je vous ai compris. Je vous ai tous compris : le chômeur, le nécessiteux, le politicien et tous ceux qui revendiquent plus de libertés. Le changement que je vais annoncer est une acceptation de vos revendications légitimes. […] Je n’ai jamais accepté et je n’accepterai jamais l’effusion d’une seule goutte de sang des Tunisiens. […]

Ma tristesse est grande, très grande, et profonde, très profonde. Assez de violence ! Assez de violence ! J’ai donné des directives au ministre de l’Intérieur et je les ai réitérées. Aujourd’hui, je dis : arrêtons le recours aux tirs à balles réelles. Les tirs à balles réelles ne sont pas acceptables et sont injustifiables. […]

Nous avons décidé la pleine et entière liberté pour la presse, tous médias confondus, le libre accès aux sites internet, qui ne seront soumis à aucune forme de censure, tout en veillant au respect de la déontologie et des principes de la profession journalistique. […]

À compter de ce jour, la liberté d’expression politique sera de mise, y compris la manifestation pacifique. […]

Je voudrais dire que beaucoup de choses ne se sont pas passées comme je le voulais, en particulier dans les domaines de la démocratie et des libertés. Certains m’ont parfois induit en erreur en me cachant les faits. Ceux-là rendront des comptes. […]

J’œuvrerai à renforcer la démocratie et à promouvoir le pluralisme. Oui, renforcer la démocratie et promouvoir le pluralisme.

Je m’emploierai à protéger et à respecter la Constitution du pays. Je veux redire ici que, contrairement à ce que d’aucuns ont prétendu, je m’étais engagé, le 7 novembre [1987, NDLR], à ce qu’il n’y ait plus de présidence à vie. Pas de présidence à vie. Je réitère donc mes remerciements à tous ceux qui m’avaient exhorté à me porter candidat en 2014, mais je me refuse à remettre en question la condition d’âge pour l’éligibilité à la présidence de la République.

Nous voulons atteindre l’année 2014 dans le cadre d’une concorde civile effective, dans un climat de dialogue national et avec la participation des partenaires nationaux à tous les niveaux. […] »