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Tunisie : c’est une révolution

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L’Union du Maghreb sur Internet !

Mis à jour le 18 janvier 2011 à 14:04

C’est avant tout grâce aux nouvelles technologies que l’on se donne le mot. La jeune génération, majoritaire parmi les manifestants, est familière de ces outils qui échappent un peu plus que d’autres aux autorités. Les pages « Émeutes » se sont multipliées sur Twitter ou Facebook – ce dernier compterait 1,5 million d’utilisateurs en Algérie et 2 millions en Tunisie. Hassan, 24 ans, raconte depuis Alger : « On suit de très près ce qui se passe en Tunisie et on discute beaucoup en ligne des ressemblances et des différences avec le mouvement chez nous. » Sur des sites comme le tunisien nawaat.org ou des forums comme l’algérien forumdz.com, les jeunes échangent leurs expériences et mettent en ligne ce qu’ils ont filmé avec leurs téléphones portables : manifestations, répression, funérailles… L’Intifada palestinienne sert aussi de référence commune à des jeunes de pays différents.

Les manifestants algériens et tunisiens ne se sont pas organisés entre eux, mais ce qui se passe chez le voisin les encourage. À Tizi-Ouzou, en Algérie, une trentaine d’avocats ont publié le 5 janvier un communiqué de soutien à leurs homologues tunisiens, en première ligne dans le mouvement social. La solidarité est à l’œuvre, notamment en France : à Paris et à Marseille, immigrés tunisiens et algériens ont défilé ensemble. Mais à Rabat, le Maroc a interdit le 10 janvier une manifestation qui devait se tenir devant l’ambassade de Tunisie. La crainte des autorités que ces démonstrations ne nuisent aux relations bilatérales ou qu’elles n’embrasent la rue marocaine freine une réelle solidarité entre les peuples. Si une sociologue tunisienne nous rappelle de ne « pas trop fantasmer sur le Maghreb unifié », pour le politologue marocain Mohamed Tozy, en revanche, la crise actuelle rappelle la nécessité pour le Maghreb d’œuvrer d’un bloc afin de régler les problèmes de sa jeunesse.