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Cet article est issu du dossier «Tunisie : les secrets d'une révolution»

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Politique

Le précédent soudanais

Contrairement à ce qui est répété à satiété par les commentateurs, Zine el-Abidine Ben Ali n’est pas le premier chef d’État arabe à avoir été chassé du pouvoir par la rue. Le général Jaafar Nimeiry, président du Soudan, a été déposé le 6 avril 1985 à la suite d’une campagne de désobéissance civile menée par l’élite et la société civile au lendemain d’une hausse brutale des prix des produits de première nécessité. Mais à la différence de Ben Ali, le général Nimeyri n’a pas fui son pays. Son ministre de la Défense, le général Souwar Dhahhab, avait profité de son absence – Nimeyri se trouvait aux États-Unis – pour le renverser sans effusion de sang.

Après avoir laissé entendre qu’un soulèvement populaire similaire est possible aujourd’hui au Soudan, Hassan Tourabi, leader islamiste, ennemi intime du président Omar el-Béchir – après avoir été son compagnon de lutte –, a été arrêté le 18 janvier, à Khartoum. Outre la probable sécession du Sud à l’issue du référendum d’autodétermination, le président El-Béchir fait face à une grave crise financière qui l’empêche de maintenir les subventions étatiques destinées à soutenir les prix des denrées alimentaires. La grogne sociale, les effets de la partition et le fait qu’une partie de la population est armée pourraient en effet constituer les ingrédients d’une révolution.

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