Politique

Méditerranée : requiem pour l’UPM ?

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Cherche personnalité brillante, consensuelle et habile pour mission (presque) impossible… Tel est l’appel à candidature que devrait lancer très vite la coprésidence franco-égyptienne de l’Union pour la Méditerranée (UPM), après la démission, le 26 janvier, de son secrétaire général, Ahmad Massa’deh, tout juste un an après son entrée en fonction.

Une démission que l’on attribue à la lassitude du Jordanien devant la paralysie d’une organisation impuissante à surmonter les blocages liés au conflit israélo-­palestinien. L’intérim est assuré par l’un des secrétaires généraux adjoints, l’Italien Lino Cardarelli, qui dispose d’un budget de fonctionnement de 6,2 millions d’euros pour 2011 et d’une quinzaine de fonctionnaires ; mais le poste devrait rapidement revenir à un pays de la rive sud.

Serge Telle, coordinateur de l’UPM pour la France, et Ashraf Hamdy, son homologue égyptien, se rencontreront au Caire les 2 et 3 février pour faire le point sur la question et préparer le programme de l’année. Plusieurs réunions ministérielles sont prévues sur l’énergie, l’agriculture, l’enseignement et la recherche, les technologies de l’information et le développement urbain. Mais une seule référence aux « territoires occupés » dans un texte peut faire capoter l’élaboration d’une stratégie, comme cela a été le cas pour celle de l’eau, en avril 2010. Et sans avancée dans le dossier israélo-palestinien, impossible d’organiser un sommet des chefs d’État ou une rencontre des ministres des Affaires étrangères. D’autres obstacles sont régulièrement évoqués, comme la discorde entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara occidental ou entre Grecs et Turcs sur Chypre. Pour Hubert Védrine, l’ancien chef de la diplomatie française, la dimension institutionnelle et politique de l’UPM demeure « prématurée, hyperfragile et bancale ».

Dans le camp français, où l’on plaide en faveur d’une candidature maghrébine, on veut rester optimiste. « Ce sera très dur de trouver le candidat idéal, dont le profil pourrait s’apparenter à un Moratinos de la rive sud, explique un diplomate de l’Élysée en référence à l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères. Après la “révolution du jasmin” en Tunisie et les manifestations en Algérie, en Jordanie et en Égypte, les dirigeants de ces pays ont d’autres chats à fouetter. Mais nous allons les convaincre qu’ils ont tout à gagner à faire prospérer cette Union pour donner un avenir à leur jeunesse. »

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