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Cet article est issu du dossier «Paysage après la révolution tunisienne»

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Politique

Mustapha Ben Jaafar : « On ne sait pas à quoi va ressembler la nouvelle Tunisie »

Mustapha Ben Jaafar. © AFP

Secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL)

Jeune Afrique : Vous étiez à Paris le 1er février, invité par le Parti socialiste (PS). Qu’avez-vous pensé de l’attitude de la France pendant la révolution tunisienne ?

Mustapha Ben ­Jaafar : Elle ne m’a pas étonné. C’est la France habituelle, qui donne la priorité à la realpolitik, aux capitaux et au sécuritaire. Mais il y a aussi une autre France, celle des ONG, des partis de gauche, qui se sont toujours tenus aux côtés des défenseurs des droits de l’homme et des démocrates.

L’actuel gouvernement de transition vous paraît-il légitime ?

Quelles que soient les qualités de ceux qui le composent, ce gouvernement n’incarne ni la rupture ni l’unité nationale, puisque les principaux partis n’y sont pas représentés. Ce gouvernement annonce des réformes et se comporte comme s’il allait durer, alors que c’est un gouvernement de transition, qui n’a aucune légitimité démocratique. Je m’inquiète par ailleurs de constater qu’il agit sans aucun contre-pouvoir, l’Assemblée nationale et la Chambre des conseillers étant actuellement des coquilles vides.

Il aurait fallu constituer un gouvernement de technocrates chargé des affaires courantes et mettre en place un Conseil de la révolution, qui soit une structure plus politique, composée de membres de la société civile ayant une autorité morale.

Allez-vous être candidat à l’élection présidentielle ?

C’est une décision qui me paraît prématurée. On ne sait même pas à quoi va ressembler la nouvelle Tunisie. La question se posera lorsqu’une réforme constitutionnelle et l’abrogation des lois liberticides auront eu lieu.

Quel est le poids électoral de votre parti ?

C’est difficile à dire. On sort d’une période de verrouillage extrême où l’on ne pouvait ni communiquer, ni organiser de meetings, ni se présenter à des élections libres. D’ailleurs, je remarque que les médias nous sont toujours fermés et sont monopolisés par les membres du ­gouvernement.

Les islamistes sont revenus dans le jeu politique. Faut-il en avoir peur ?

La stratégie de Ben Ali a justement consisté à faire peur en agitant l’épouvantail islamiste. Aujourd’hui, on ne marche plus. La nouvelle Tunisie doit être la Tunisie de tous, la Tunisie de la réconciliation, où chaque citoyen aura sa place.

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