Politique

Maroc : les hooligans hors jeu

Face à la montée du hooliganisme, le Parlement s’apprête à adopter un projet de loi qui punit très sévèrement les auteurs de violences à l’intérieur des stades.

Mis à jour le 15 février 2011 à 10:20

Des supporteurs marocains à Rabat le 18 novembre 2006. © AFP

« Assister à un match dans les gradins ? C’est bien trop dangereux, j’aurais peur de me retrouver au milieu d’une bagarre », déplore Youssef, un supporteur de toujours du Wydad Casablanca. Alors que le ministère des Sports s’est lancé dans un ambitieux programme de construction de stades, les Marocains, eux, sont de plus en plus inquiets face à la montée du hooliganisme et préfèrent souvent regarder les matchs à la télévision.

Selon le ministre de la Justice, Mohamed Naciri, le Parlement s’apprête à adopter un projet de loi qui punit très sévèrement les auteurs de violences à l’intérieur des stades. « Les peines prévues vont de un an à cinq ans de prison, et les amendes jusqu’à 10 000 dirhams [900 euros, NDLR] », a-t-il indiqué devant les députés. Les responsables de club et les animateurs d’activités sportives pourront également être tenus pour responsables en cas de violences à l’intérieur ou à l’extérieur des stades.

Des mesures d’urgence avaient déjà été prises en 2008 après des incidents qui avaient fait plus de quarante blessés à Marrakech, mais la législation reste inadaptée. « Ce texte va combler certaines failles de l’arsenal juridique concernant une violence qui commence dans les stades et s’étend le plus souvent après les matchs dans la rue », a ajouté Naciri.

Pour Najib Salmi, chroniqueur sportif à L’Opinion, « les fauteurs de trouble ne représentent qu’une infime partie des supporteurs et sont pour la plupart des adolescents déscolarisés qui viennent se défouler dans les stades ». Encore embryonnaire, le hooliganisme marocain n’est pas organisé comme en Europe, mais le phénomène a pris ces dernières années une ampleur inquiétante.