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Cet article est issu du dossier «Katanga : nouvel eldorado du cuivre»

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Agriculture : vers davantage d’autonomie

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Plantation de riz en RDC.

Plantation de riz en RDC. © D.R.

Largement sous-exploité, le potentiel de la province commence, enfin, à être mis en valeur. Objectif : s’émanciper de la dépendance aux importations alimentaires.

Malgré leur potentiel agropastoral et piscicole, les campagnes katangaises ne nourrissent pas la province, contrainte d’importer une grande part de son alimentation. « La moitié de nos besoins en maïs, soit environ 500 000 tonnes par an, est couverte par des importations venant de Zambie, du Malawi et d’Afrique du Sud », explique le ministre provincial de l’Agriculture, Barthélemy Mumba Gama.

De même, une grande partie du poisson et de la viande consommés localement vient de Namibie et du Zimbabwe. Sans compter le blé, le riz, le sucre, l’huile de table et autres produits qui arrivent du Brésil, du Moyen-Orient, de Chine et de Thaïlande.

Cercle infernal

Tant et si bien que le montant consacré aux importations alimentaires est trois fois plus élevé que celui provenant de la redevance minière. Un cercle infernal, particulièrement dangereux en période de crise alimentaire mondiale et dans le cadre d’une économie extravertie car, comme le précise Barthélemy Mumba Gama, « les exportations minières et les importations alimentaires du Katanga sont, les unes et les autres, très dépendantes des cours mondiaux ».

Cette situation trouve son origine dans les faibles rendements de l’agriculture villageoise, qui produit pour une consommation locale mais ne couvre pas les besoins urbains, et dans la prééminence du secteur minier, qui mobilise l’espace et les énergies.

Trois priorités

Pour inverser la tendance, le gouvernement provincial s’est donné trois priorités. La première est d’inciter les petits exploitants à se regrouper en coopératives et de leur fournir des intrants et des outils agricoles plus performants, notamment de petits tracteurs. Il s’agit également de sécuriser le foncier face aux sociétés minières, afin d’éviter que les cultivateurs soient délogés de leurs terres lorsque les concessions entrent en phase d’exploitation, et, enfin, d’encourager la création de grandes sociétés agricoles.

Une stratégie qui commence à porter ses fruits puisque la plupart des entreprises minières ont aujourd’hui développé des activités dans le secteur. « On compte déjà 36 fermes émergentes, note Mumba, dont les superficies varient entre 1 000 et 3 000 ha. »

Ces fermes mécanisées s’ajoutent aux grands domaines et ranchs existants – Grelka (Forrest), Number One, Kifita et Mangombo à Kolwezi – ainsi qu’à des fermes plus petites, aménagées à l’époque coloniale dans la ceinture cuprifère. Reprises en majorité par des Congolais pratiquant une culture vivrière, ces dernières sont tournées vers le maraîchage et la production de semences, en plus d’un petit élevage.

Malgré ces premiers efforts, beaucoup reste à faire. Notamment dans l’ouest et le nord de la province, terres de maïs et de manioc, où bien des villages sont encore enclavés et les techniques culturales rudimentaires.

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