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Cet article est issu du dossier «Katanga : nouvel eldorado du cuivre»

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Entrepreneurs katangais : la culture du risque

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Leila Katebe, directrice de KTB, a développé ses activités agricoles.

Leila Katebe, directrice de KTB, a développé ses activités agricoles. © Muriel Devey pour J.A.

Issus d’autres secteurs, ils ont misé sur le développement des filières agroalimentaires. Itinéraires particuliers d’exploitants et d’industriels.

Leila Katebe

Directrice de KTB

La fonceuse

Bien qu’issue d’une famille d’entrepreneurs, elle n’a rien d’une fille à papa. Diplômée en management de l’École pratique des hautes études commerciales de Bruxelles, Leila Katebe rentre au pays en 2004, bien décidée à faire cavalier seul. Après avoir créé KTB, une société spécialisée dans l’importation de produits alimentaires (poisson et viande congelés, produits secs), dont elle est directrice, elle investit dans les infrastructures (magasins, locaux industriels) et dans une flotte de camions pour ravitailler l’intérieur de la province.

Elle poursuit la diversification de ses activités en créant une boulangerie industrielle et une pâtisserie à Lubumbashi, ainsi qu’une ferme à Likasi, qui produit du maïs. Ses projets : développer ses activités agricoles et se lancer dans la pêche industrielle. Pour approvisionner le Katanga, puis d’autres provinces de la RD Congo. « L’agriculture est notre richesse. On ne peut pas vivre que d’importations », ­martèle cette trentenaire au sourire éclatant.

 

Victor Mulongo Mukalay


Exploitant de la ferme Nsenga Lutanga.

Gentleman-farmer

Il y a longtemps que cet ancien haut fonctionnaire a compris que « sans l’agriculture, la RD Congo ne [valait] pas un penny ». Or si son statut ne l’autorisait pas à exercer des activités lucratives, il ne lui interdisait pas celle-ci. En 1978, Victor Mulongo Mukalay rachète donc une ferme avicole, à 12 km de Lubumbashi, que son ancien propriétaire n’avait pas récupérée après la restitution des biens « zaïrianisés ». Il la rebaptise Nsenga Lutanga, du nom de son grand-père maternel, et en confie la gestion à son frère. Une fois à la retraite, il en reprend les rênes.

Aujourd’hui, outre l’élevage de canards et de lapins, la ferme produit quelque 2 000 poulets de chair, 5 000 œufs et 100 porcs par mois, vendus sur les marchés de Lubumbashi, ainsi que du maïs (cultivé sur 100 ha), et des semences (maïs, soja et haricots). Mulongo a dû faire une croix sur le maraîchage, « en raison de la pollution de la rivière Kafubu par les industries minières ».

 

Mukalay Nsenga Sonkue

PDG de Mukalay et Frères

Du commerce au moulin

Après avoir été initié par son aîné, en 1986, Mukalay Nsenga Sonkue – fort du petit pécule que son frère lui accorde – se lance dans le commerce en créant Mukalay et Frères. En 2008, après un bref intermède minier, il opte pour l’agroalimentaire et lance une minoterie à Lubumbashi, qui produit du son pour bétail et, surtout, de la farine de maïs pour la fabrication du foufou, aliment de base des Katangais.

« J’ai choisi cette activité car la population consacre l’essentiel de ses revenus à l’alimentation », explique-t-il. Alors que sa première machine lui permettait de traiter entre 5 et 10 tonnes de maïs par jour, la toute nouvelle, importée d’Afrique du Sud, a une capacité quotidienne de 55 t. Pour faire tourner son moulin, Mukalay doit importer chaque mois plus de 1 500 t de maïs de Zambie, la production locale étant insuffisante, et garde en permanence un stock de sécurité de 4 500 t.

 

Agnès Kilume


Présidente et gérante de la ferme Safari International-SOD.

Madame sème

Cette ex-cadre de la Gécamines, qui fêtera ses 60 ans cette année, a toujours eu une passion pour l’agriculture. En 1998, tout en assumant ses fonctions de directrice commerciale, elle achète une ferme dans la vallée de la Lufira. « Nous consacrons 218 ha à des cultures vivrières, notamment du maïs, et 8 ha de bas-fonds au maraîchage. On fait aussi un peu d’élevage et de pisciculture. » Agnès Kilume vend sa production à des sociétés minières.

En 2009, constatant que la région manque de semences vivrières de qualité, elle se tourne vers cette production, qui est aujourd’hui devenue son activité principale. Elle y consacre une centaine d’hectares, dont 20 aux semences de maïs et 10 aux boutures de manioc. En 2010, elle a ajouté une nouvelle corde à son arc en se lançant dans la production de semences maraîchères (gombo), en partenariat avec le belge Somers Seeds, qui lui fournit les intrants, et le congolais MaPhartech, qui assure la commercialisation.

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