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Cet article est issu du dossier «Katanga : nouvel eldorado du cuivre»

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TP Mazembe : champion katangais et dieu des stades

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Quart de finale de la Coupe du monde des clubs, à Abou Dhabi, le 11 décembre 2009.

Quart de finale de la Coupe du monde des clubs, à Abou Dhabi, le 11 décembre 2009. © Karim Sahib/AFP

Il vient de remporter pour la seconde fois consécutive la Super Coupe Orange : le Tout-Puissant est l’idole de la province. Retour sur une légende désormais internationale.

Il n’y a pas photo. Depuis une décennie, le Tout-Puissant Mazembe est (re)devenu la meilleure équipe congolaise, supplantant ses lointains concurrents de Kinshasa (l’AS V.Club et le DC Motema Pembe) et son frère ennemi katangais, le FC Saint-Éloi Lupopo, fondé, comme lui, en 1939. Alors que les derbys entre les deux formations se concluaient jadis par des scores serrés, leurs récentes confrontations en championnat national montrent bien le gouffre qui les sépare désormais : lors de la phase qualificative, les « Corbeaux » ont humilié les « Lumpas » du FC Saint-Éloi, battus à plate couture à l’aller (5-0) comme au retour (1-7) – les scores en phase finale ont toutefois été plus serrés.

Qui aurait cru que le FC Saint-­Georges, créé par des missionnaires bénédictins, rebaptisé Saint-Paul FC en 1944, puis FC Englebert et, finalement, TP Mazembe, écrirait à nouveau les plus belles pages de l’histoire du football congolais ?

Succès international

Car le succès du Tout-Puissant dépasse désormais de loin les frontières provinciales et nationales. En témoigne le nombre de trophées récoltés ces dernières années. Dernier en date : celui marquant sa deuxième victoire consécutive en finale de la Super Coupe Orange, cette fois face au FUS Rabat, le 29 janvier. Un sacre venu conforter la première place du club sur la scène africaine, après son succès en Ligue des champions de la CAF, en 2009 et 2010 – il a battu, le 13 novembre dernier, l’Espérance de Tunis. Cerise sur le gâteau : en décembre, le TP Mazembe est devenu la première équipe africaine à avoir joué – et perdu – une finale de Coupe du monde des clubs. C’était à Abou Dhabi, face à l’Inter de Milan.

Finie, donc, la longue traversée du désert pour le club katangais, qui, de 1981 à sa victoire en 2009, était rentré bredouille de toutes ses campagnes africaines. De quoi désespérer ses supporteurs, qui évoquaient non sans nostalgie les succès passés de leur équipe préférée : en 1967 et en 1968, elle avait gagné la Ligue des champions et, en 1980, la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes – compétition aujourd’hui ­disparue.

Des salaires attrayants

Actuellement entraîné par le Sénégalais Lamine Ndiaye, le TP Mazembe s’est profondément métamorphosé depuis que Moïse Katumbi Chapwe, homme d’affaires prospère et gouverneur du Katanga, en a pris les commandes, en 1998.

Doté d’un budget important dans le contexte africain (10 millions de dollars en 2010, soit 7,3 millions d’euros) et d’un centre de formation moderne, le club offre des salaires attrayants (jusqu’à 25 000 dollars par mois, hors primes) et attire des talents étrangers. Et alors qu’aucun autre club congolais ne dispose de ses propres installations sportives, le TP Mazembe aura bientôt son stade (18 000 places) dans la commune de Kamalondo, à Lubumbashi.

Le club a abandonné ses oripeaux d’association pour se muer en une société à responsabilité limitée, ce qui a impliqué l’entrée dans le capital de Moïse Katumbi, de la société Mining Company Katanga et de plusieurs autres petits actionnaires. Une grande première en RD Congo, où la gestion du football reste plutôt archaïque. L’entreprise entend trouver de nouvelles sources de revenus, notamment en développant la vente de produits dérivés – un filon quasi inexploité dans le pays.

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