Sécurité

Côte d’Ivoire : à quoi sert l’Onuci ?

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Bientôt sept ans que des Casques bleus sont présents sur le sol ivoirien. Déployée pour la première fois en avril 2004, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a d’abord servi de force d’interposition entre les belligérants, avant d’appuyer le processus de sortie de crise : identification des électeurs, désarmement, démantèlement des milices, organisation du scrutin présidentiel, certification des résultats. Son mandat prévoit également qu’elle achève de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et aide à l’organisation des prochaines élections législatives. Si elles ont lieu…

Avec des accusations d’ingérence dans les affaires ivoiriennes, la tâche de l’Onuci s’est considérablement compliquée depuis le début de la crise postélectorale. Laurent Gbagbo, le président sortant, a demandé le départ de la mission onusienne, dirigée depuis octobre 2007 par le Sud-Coréen Choi Young-jin. Lequel lui a répondu que seul Alassane Ouattara, dont la victoire a été certifiée par l’ONU, était en position d’exiger quoi que ce soit.

Depuis le second tour de la présidentielle, l’Onuci assure la sécurité des membres du gouvernement Ouattara et des personnalités politiques alliées, qui vivent reclus au Golf Hôtel. La mission tente aussi de protéger les civils, mais les fidèles de Laurent Gbagbo entravent régulièrement ses interventions à Abid­jan et dans les régions de l’Ouest. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) l’ont récemment empêchée d’enquêter sur des charniers qui auraient été découverts dans un quartier populaire d’Abidjan, et ne lui permettent pas de veiller au respect de l’embargo sur les armes. Le personnel onusien est régulièrement menacé, et ses convois militaires parfois attaqués par les militants du président sortant.

Violemment prise à partie

Pour toutes ces missions, l’Onuci dispose d’un budget annuel de 500 millions de dollars. Le siège de la mission est installé dans l’ancien hôtel Sebroko, à Abidjan ; 1 500 personnes y sont regroupées. C’est là que l’on retrouve la direction politique de l’Onuci, son état-major militaire et les services administratifs et humanitaires. Y sont également hébergés la direction d’Onuci FM – qui s’est vu retirer son autorisation d’émettre, le 9 février – et un hôpital où sont soignés les civils victimes d’exactions et les Casques bleus.

La force militaire en elle-même est placée sous le commandement du général bangladais Abdul Hafiz. Dans ses rangs, et en attendant le renfort de 2 000 Casques bleus demandé par Choi : 7 600 soldats, 200 observateurs militaires et 1 500 policiers venus de 42 pays (Bangladesh, Bénin, France, Ghana, Jordanie, Maroc et Niger pour l’essentiel). Ils sont déployés sur 21 implantations réparties sur tout le territoire, dont deux états-majors opérationnels à Bouaké et Daloa.

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