Politique

Chine : quand mille jasmins fleuriront…

À l’évidence, les autorités redoutent la contagion : pas question de laisser le vent de révolte qui balaie la « rue arabe » atteindre la Chine.

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Mis à jour le 9 mars 2011 à 10:56

La page d’un défenseur chinois des droits de l’homme sur Sina, l’équivalent chinois de Twitter. © AFP

« La Chine a besoin d’une révolution du jasmin », peut-on lire sur le site boxunblog.com, tenu par des dissidents chinois en exil. Ledit site avait relayé un appel à manifester le 20 février. Mot d’ordre : « Nous voulons manger, nous voulons du travail, des logements et un système équitable. » À Pékin, Shanghai et dans une dizaine de grandes villes chinoises, les manifestants étaient au rendez-vous, au jour dit. La police aussi, qui a procédé à l’arrestation d’une dizaine de personnes.

À l’évidence, les autorités redoutent la contagion : pas question de laisser le vent de révolte qui balaie la « rue arabe » atteindre la Chine. Sur Sina, l’équivalent chinois de Twitter, des mots tels qu’« Égypte », « démocratie » ou « jasmin » sont aujourd’hui bloqués. Cela suffira-t-il à réduire au silence les aspirations démocratiques des Chinois ? Déjà, sur internet, un nouveau message appelle la population à manifester tous les dimanches dans les grandes villes.

Malgré la forte croissance de son économie, la Chine n’est pas à l’abri de la contestation. Dans une tribune intitulée « Pourquoi l’Égypte devrait inquiéter la Chine », l’économiste américain Barry Eichengreen souligne les ressemblances entre les deux pays, où le mécontentement est alimenté par la corruption, le désespoir de la jeunesse et l’absence de libertés politiques. « Si les responsables chinois n’agissent pas rapidement pour canaliser les doléances populaires, explique-t-il, ils pourraient, à terme, se trouver confrontés à un soulèvement bien plus important et déterminé que les manifestations de la place Tiananmen, en 1989. »