Défense

Cameroun : Semengue, ce général mis au repos par Biya

Après cinquante-cinq ans dans l'armée, il a été mis à la retraite. © CIN Archives

Pour la première fois, le président camerounais Paul Biya a décidé de se passer de plusieurs hauts gradés. Parmi eux, l’emblématique Pierre Semengue.

Du quatuor de généraux « mis en réserve de la République », le 11 mars, Pierre Semengue, 76 ans, est sans doute le plus emblématique. En cinquante-cinq ans de service, il aura occupé les fonctions les plus prestigieuses dans l’institution militaire, jusqu’à celle de contrôleur général des armées.

La courbe de ses promotions suit celle des événements politiques au Cameroun. Sous Amadou Ahidjo, alors qu’il est nouvellement diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, en France (en même temps que l’ancien président tunisien, Ben Ali), il est promu capitaine et se vante de ne « jamais avoir eu à porter le galon de lieutenant dans l’armée camerounaise ». En 1961, lors de la réunification des deux Cameroun, il est promu à la tête de l’armée avec le grade de chef de bataillon après avoir lutté contre une rébellion dans la région d’Édéa. Il devient général en 1973 et découvre, en août 1983, un « complot contre la sûreté de l’État ».

On retiendra aussi de Pierre Semengue cette petite phrase, glissée dans un livre-entretien paru en 2002. Il y déclarait, à propos des manifestations pour la tenue d’une conférence nationale souveraine, en 1991 : « Je vous l’avoue aujourd’hui, si la conférence nationale s’était effectivement tenue, l’armée aurait fait un coup d’État. »

__

Clarisse Juompan-Yakam, envoyée spéciale à Yaoundé

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte