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Le Sénégal peut-il bousculer ses concurrents ?

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Assurances : des compagnies trop à l’étroit au Sénégal

Le taux de pénétration du secteur, très faible, pourrait progresser rapidement si de nouvelles couvertures de risque deviennent obligatoires.

Mis à jour le 4 avril 2011 à 19:36

Avec un chiffre d’affaires de plus de 16,5 milliards de F CFA (environ 25,3 millions d’euros) pour l’assurance vie et de 64 milliards pour la branche dite incendie, accidents et risques divers (Iard) en 2009, le Sénégal se place au 3e rang sur les 14 pays de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima), derrière la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Malgré un faible taux de pénétration (moins de 2 %), « c’est un petit marché qui progresse doucement, tiré principalement par le réseau bancaire », explique Pascal Plaziat, chargé de la branche vie chez Allianz Sénégal.

Imposée lors de la souscription d’un prêt, l’assurance vie a, de 2009 à 2010, bien plus progressé (17 %) que l’assurance dommage (6 %), laquelle, mieux encadrée, pourrait prétendre à une croissance de 15 % à 25 %. Mais la branche Iard est soumise à une plus forte concurrence, avec quinze sociétés (contre six dans la branche vie), certains professionnels se plaignant de ce que toutes ne respectent pas la tarification imposée par l’autorité de tutelle, la Direction des assurances, notamment pour l’assurance automobile, l’une des seules obligatoires (plus d’un tiers du marché). Sans compter les lenteurs pour le recouvrement des dédommagements, qui discréditent la profession… Les assureurs sénégalais plaident donc pour une meilleure autodiscipline des compagnies et une plus grande visibilité de l’autorité de tutelle.

Ils explorent aussi de nouvelles pistes pour développer l’activité en matière d’assurance vie. Outre la micro­assurance, en plein essor, et le créneau des Sénégalais de la diaspora, qui reste à exploiter, une défiscalisation totale ou partielle des produits permettrait de séduire plus de particuliers, les contrats individuels ne représentant que 40 % du marché, contre quelque 60 % de contrats collectifs, souscrits dans le cadre des entreprises. Enfin, dans la branche Iard, des discussions sont en cours pour rendre de nouveaux contrats obligatoires, notamment l’assurance habitation pour les locataires.