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Eau : l’assainissement, nouvelle urgence

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Cameroun : deux partenaires sur la brèche

Mis à jour le 6 avril 2011 à 11:23

À Camwater, société publique, la charge de trouver des fonds. À la Camerounaise des eaux, privée, celle de réaliser les projets. L’objectif de cette alliance ? Porter à 60 % le taux d’accès à l’eau potable.

Peut-on parler de partenariat exemplaire entre public et privé ? En tout cas, lors de la réunion des instances de l’Association africaine de l’eau (AAE), du 28 février au 4 mars, à Douala, Basile Atangana Kouna, directeur général de la société publique Cameroon Water Utilities (Camwater), a estimé que la « franche collaboration » entamée avec l’entreprise privée Camerounaise des eaux (CDE, plus de 2 000 employés, 48,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009) avait permis une « mobilisation plus aisée des investissements auprès des bailleurs de fonds ». C’est d’ailleurs main dans la main que les deux sociétés ont organisé la réunion de l’AAE.

L’électrochoc des OMD

« Les rôles sont désormais bien répartis, analyse l’expert Claude Jamati. Mais il est encore un peu tôt pour tirer un bilan. » Sans doute la ratification des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en 2000, a-t-elle agi comme un électrochoc. Le taux d’accès à l’eau potable du pays restait alors extrêmement faible, à peine 30 %. Manque de moyens, cadre inadéquat, déficit de suivi et d’expertise… Atteindre les 60 % afin de respecter les OMD semblait une gageure.

Créé en décembre 2005 sur les cendres de la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec), Camwater, fort d’une centaines d’agents, s’est attribué une mission de recherche et de suivi des investissements, de gestion du patrimoine et de contrôle des activités de la société d’exploitation chargée de la mise en œuvre des projets. Sur ce dernier point, c’est la CDE, coentreprise entre les marocains Onep, Delta Holding et Caisse de dépôt et de gestion, qui a été sélectionnée à la suite d’un appel à la concurrence. En mai 2008, les deux sociétés ont enfin commencé à travailler ensemble. À l’entreprise publique la charge de trouver les fonds, à la société privée celle de mener à bien les objectifs définis dans le contrat : accès, qualité et recouvrement.

Camwater a mis sur pied un ambitieux programme d’investissements, évalué à plus de 400 milliards de F CFA (610 millions d’euros), dont plus de la moitié a déjà été dépensée. Et, deux ans plus tard, force est de constater que les projets se sont multipliés. La construction et la mise en service, au mois de juin 2010, de l’usine de traitement d’eau potable de Yato, au bord du fleuve Moungo (région du Littoral), a ainsi permis d’approvisionner Douala de 50 000 m3 supplémentaires d’eau potable chaque jour. La deuxième phase de ce projet, financée par un crédit de 44,6 milliards de F CFA accordé à Camwater en 2009 par la banque de développement China Eximbank, accroîtra de 100 000 m3 supplémentaires par jour la production d’eau potable à Douala.

Des chantiers d’envergure

Il y a un an, Camwater a lancé officiellement les travaux de réhabilitation et de renforcement des systèmes d’adduction d’eau potable dans 52 centres. Basile Atangana Kouna affirme que « ce projet, financé à hauteur de 39,4 milliards de F CFA par la Coopération belge, va permettre de doter une cinquantaine de villes et localités camerounaises d’un système complet d’adduction d’eau potable ». D’autres chantiers d’envergure sont annoncés, comme la construction d’une usine d’eau potable sur la rivière Mefou, d’une capacité de 50 000 m3/jour. Elle permettra de faire passer l’approvisionnement de la ville de Yaoundé de 100 000 à 150 000 m3/jour. Son coût est évalué à 72,2 milliards de F CFA.

Enfin, de nombreuses réhabilitations concernent plusieurs villes du pays, comme Limbé, Yaoundé, Meyomessala, Tokombéré, Tonga, Buéa, Bikok, Ngomedzap, Nanga-Eboko… Les travaux débuteront au cours du deuxième trimestre 2011 et s’étaleront sur une période de trois ans. Aujourd’hui, Basile Atangana Kouna est confiant : les OMD en termes d’accès à l’eau seront atteints.