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Politique

Libye : la liste rouge du parrain et des parias

| Par Jeune Afrique
Beaucoup de proches de Kaddafi sont visés par les sanctions de l’ONU.

Beaucoup de proches de Kaddafi sont visés par les sanctions de l'ONU. © Alberto Pizzoli/AFP

Famille, caciques du régime et chefs de l’appareil sécuritaire… Ils sont dix-sept, avec le « Guide », à tomber sous le coup des sanctions des Nations unies. Certains sont aussi dans le viseur de la Cour pénale internationale.

Isoler Kadhafi. Pour appliquer son mot d’ordre, la communauté internationale ne dispose pas seulement de la force. Les sanctions font aussi partie des moyens de pression. Le 26 février et le 17 mars, le Conseil de sécurité des Nations unies a annexé deux listes à ses résolutions sur la Libye. Chacune comporte une série de noms de proches du « Guide » et les place sous le coup de sanctions : gel de leurs avoirs à l’étranger, interdiction de voyager, parfois les deux. Objectif : fragiliser le socle du régime, inciter certains des « nominés » à la défection – en échange d’une levée des sanctions – et décourager d’éventuels ralliements.

Ces listes, qui comptent dix-huit personnes (ainsi que des entreprises, comme la Libyan Investment Authority), ressemblent à des arbres généalogiques. Premier paria entre tous, Mouammar Kadhafi y est entouré de sa descendance. D’Aïcha, dont est soulignée la « proximité avec le ­régime », à Moatassim, désigné comme « conseiller à la sécurité nationale », en passant par Khamis, « commandant de brigade », tous ses enfants sont cités à l’exception de Milad, son fils adoptif. Autre membre de la famille, Sayed Kaddaf Eddam, cousin du « Guide » et frère d’Ahmed Kaddaf Eddam, le sosie de Kadhafi, qui pourrait avoir fait défection.

Recruteurs de mercenaires

À côté des parents, un pilier du régime figure parmi les « Wanted » : le colonel Abdallah Senoussi, directeur du renseignement militaire, condamné à perpétuité par la justice ­française pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA, et qui apparaît toujours au côté du « Guide » lors de ses interventions télévisées.

Également en ligne de mire, les rouages de l’appareil sécuritaire : Abdelkader Mohamed el-Baghdadi, chef du bureau de liaison des Comités révolutionnaires, mouvement qui tient lieu à la fois de police, de service de renseignements généraux et de parti-État ; Youssef Abdelkader Dibri, responsable de la sécurité personnelle de Kadhafi ; Abou Zeid Dorda, patron de la sécurité extérieure, ou Aboubakr Younes Jaber, ministre de la Défense. Compagnon de la première heure du « Guide », il était à ses côtés pour renverser le roi Idriss, en 1969.

Deux personnages plus discrets ont fait leur apparition sur la liste additionnelle du 17 mars. Quren Salih Quren Kadhafi, un cousin éloigné, ambassadeur au Tchad à deux reprises, envoyé à Sebha, une ville libyenne proche de la frontière tchadienne. Trait d’union entre N’Djamena et Tripoli, il est soupçonné de recruter des mercenaires à la solde du régime. Le Conseil de sécurité prête les mêmes activités au colonel Hussein el-Kouni, mais depuis le Niger. Ambassadeur à Niamey, il est le Monsieur Touaregs de Kadhafi. C’est lui qui a assuré la démobilisation et le cantonnement des rebelles touaregs nigériens – dans la ville touristique de Ghat, dans le sud-ouest de la Libye – après la signature d’un accord de paix en 2009.

Enquêtes sur des crimes

Arme de dissuasion supplémentaire : la Cour pénale internationale (CPI). Luis Moreno-Ocampo, son procureur, a annoncé le 3 mars l’ouverture d’une enquête portant sur les crimes commis à partir du 15 février, puis a déclaré avoir « identifié des personnes exerçant une autorité de fait ou officielle » sur les auteurs de ces crimes. S’il a cité nommément Kadhafi, Moreno-Ocampo s’est contenté d’énumérer quatre postes (ministre des Affaires étrangères, chef des forces de sécurité et du renseignement, chef de la sécurité personnelle du « Guide », directeur de la sécurité extérieure) tout en se gardant de désigner leurs titulaires. Un moyen de se prémunir contre d’éventuels changements de fonctions. Pour des questions de sécurité, les enquêteurs de la CPI n’interrogent pas les témoins en Libye ou ceux dont la famille est restée au pays. 

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