Dossier

Cet article est issu du dossier «Libye : objectif Kaddafi»

Voir tout le sommaire
Politique

Libye : hémorragie interne

| Par Jeune Afrique
Ali Souleimane Aujali, l’ambassadeur de Libye aux États-Unis, le 18 mars.

Ali Souleimane Aujali, l'ambassadeur de Libye aux États-Unis, le 18 mars. © AFP

Qui dit opération militaire dit tentation de changer de camp. Défections, démissions… Où en est le régime ?

À en croire Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, plusieurs proches de Kadhafi sont en effervescence, occupés à contacter leurs connaissances, dans le monde entier, pour voir « comment sortir de cette situation ». Selon un proche de Barack Obama cité par l’AFP, Moussa Koussa, le ministre des Affaires étrangères, serait de ceux-là.

Avec le déclenchement de l’opération militaire, les risques de défections ont crû dans l’entourage du « Guide ». Pour s’en prémunir, ce dernier a placé tous les membres de son gouvernement sous haute surveillance dans un même lieu, à Tripoli, selon le Conseil national de transition (CNT). Il n’empêche : des défections ont déjà eu lieu. Parmi les plus symboliques, celles de Moustapha Abdeljalil, ex-ministre de la Justice, aujourd’hui chef du CNT, le 21 février, puis, deux jours plus tard, d’Abdelfettah Younes Oubeidi, le ministre de l’Intérieur.

Moins fracassantes, mais contribuant à fragiliser le régime, des démissions ont suivi à l’étranger : dans les ambassades auprès de l’Unesco, des Nations unies et de la Ligue arabe ; en Autriche, au Bangladesh, en Chine, en France, en Inde, en Indonésie, en Malaisie. Ici et là, les diplomates se considèrent désormais comme des représentants du CNT, le gouvernement formé par les insurgés. C’est le cas d’Ali Souleimane Aujali, ambassadeur à Washington, qui multiplie les rencontres avec les journalistes et les responsables américains pour plaider la cause du nouveau gouvernement. À Paris, l’ambassadeur Salah Zarem s’est félicité de l’accueil que le président Sarkozy a réservé à des émissaires du CNT, le 10 mars.

Restent les cas ambigus, comme celui d’Ahmed Kaddaf Eddam. Cousin et sosie du « Guide », il n’a pas été vu à Tripoli depuis la fin de février et se trouverait au Caire, où Kadhafi l’avait chargé de la coordination des relations avec l’Égypte. Dans le passé, il a longtemps dirigé une partie des services de sécurité et représenté son parent auprès de chefs d’État étrangers – en jouant de sa ressemblance troublante avec le leader libyen. Les informations qui circulent à son sujet sont trop contradictoires pour que l’on sache avec certitude s’il a changé de camp. Si elle était confirmée, la défection de cette pièce maîtresse porterait un rude coup au moral des irréductibles du régime. 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

3098_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte