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Cet article est issu du dossier «Libye : objectif Kaddafi»

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Diplomatie

Algérie : état d’alerte face à la crise libyenne

| Par Jeune Afrique

Opposée à toute forme d’ingérence étrangère en Libye, l’Algérie a émis des réserves quand les chefs de la diplomatie arabe ont appelé, le 12 mars, au Caire­, à l’instauration d’une zone d’exclusion ­aérienne. Ce qui a valu au gouvernement algérien une volée de bois vert à l’intérieur du pays, certains partis et titres de la presse nationale déplorant « une position honteuse ». À l’étranger, Paris a peu apprécié « l’attentisme d’Alger », tandis que le Conseil national de transition libyen dénonçait un « soutien logistique algérien à Kadhafi ».

Des accusations que rejette Mourad Medelci, le ministre des Affaires étrangères. « Ce que nous redoutions est hélas en train de se passer : des pertes civiles quotidiennes et une internationalisation du conflit qui le complique davantage. » « L’Algérie a peur, renchérit un officier supérieur. C’est quasiment une affaire de sécurité intérieure : un arsenal de guerre se trouve à ciel ouvert, à portée de tous les criminels qui sévissent au Sahel. Nous avons la certitude que des dizaines de batteries de missiles sol-air sont dans la nature. Si elles tombent entre de mauvaises mains, ce ne sont pas les avions de la coalition qui seront menacés, mais les lignes aériennes commerciales. »

Inquiet, Washington a dépêché Williams Burns, le secrétaire d’État adjoint, à Alger dès le 24 février. Et le 22 mars, Moscou y a envoyé Sergueï Lavrov, le chef de sa diplomatie. Avec le premier, le président Bouteflika est convenu de renforcer la coopération en matière de surveillance de la zone sahélienne et des mouvements des salafistes d’Aqmi. Avec le second, il a appelé à une cessation immédiate des hostilités.

Afin de protéger les 1 000 km de frontière terrestre commune avec la Jamahiriya, trois bataillons de fantassins soutenus par plusieurs unités aériennes (hélicoptères de combat, avions de reconnaissance) ont été déployés. Bien moins sollicité que le poste-frontière tunisien de Ras el-Jdir, celui de Deb Deb a accueilli plus de 5 000 réfugiés. Le Croissant-Rouge algérien y a installé un hôpital de campagne et un camp de transit.

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