BTP & Infrastructures

Côte d’Ivoire : Billon se lâche contre Bolloré

| Par Jeune Afrique
Ministre, Jean-Louis Billon était indirectement, via son frère, candidat à la concession.

Ministre, Jean-Louis Billon était indirectement, via son frère, candidat à la concession. © Camille Millerand/Jeune Afrique

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire « Le Nouvel Observateur », le ministre ivoirien du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME dénonce les conditions d’attribution du deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupement Bolloré-APM Terminal-Bouygues.

« Je me demande pourquoi, chaque fois qu’on arrive sous les tropiques, on se permet ce qu’on ne ferait jamais chez soi. » Dans un long entretien accordé à nos confrères du Nouvel Observateur (daté du 6 juin 2013), Jean-Louis Billon se lâche. Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME conteste vigoureusement l’attribution du deuxième terminal à conteneurs d’Abidjan au groupement APM Terminals-Bolloré-Bouygues Travaux Publics.

Si l’on avait voulu brider l’économie ivoirienne, on ne s’y serait pas pris autrement
Les arguments de celui qui est également un entrepreneur de renom, actionnaire du groupe agro-industriel Sifca, mais aussi d’autres sociétés telles que Movis (candidat malheureux à la concession), portent notamment sur la création d’un monopole de fait, APM Terminals et Bolloré gérant déjà le premier terminal. Jean-Louis Billon rappelle également que l’offre technique du groupement vainqueur était beaucoup moins intéressante que celle de ses concurrents.

Gouvernance

Il estime en fin de compte que si « l’on avait voulu brider l’économie ivoirienne, on ne s’y serait pas pris autrement » et affirme auprès du Nouvel Observateur que cette histoire n’est pas un bon exemple, alors que la Côte d’Ivoire se bat pour attirer des investisseurs.

Dans cet entretien, la principale cible du ministre est le groupe Bolloré. Jean-Louis Billon critique notamment « les pratiques anti-concurrentielles » de Bolloré. 

Interrogé sur des éventuels faits de corruption dans cette affaire, Billon répond par un détour historique, revenant sur l’attribution de gré à gré en 2004 du premier terminal à conteneurs à Bolloré. Laissant entendre qu’à l’époque, une personne du groupe Bolloré lui aurait fait des « propositions pour réviser sa position », il ajoute, cinglant : « Je ne serais pas surpris si demain on me disait qu’il y a eu des problèmes de gouvernance dans l’attribution du deuxième terminal ».

Se sentant libre aujourd’hui de parler, le ministre ne dit rien en revanche sur son avenir au sein du gouvernement ivoirien, qui a pourtant piloté la mise en concession.

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