Justice

Moshé Katzav et les péchés d’Israël

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Moshé Katsav, à la sortie du tribunal de Tel-Aviv, le 30 décembre 2010.

Moshé Katsav, à la sortie du tribunal de Tel-Aviv, le 30 décembre 2010. © AFP

Reconnu coupable de viol et de harcèlement sexuel, l’ancien président a écopé de sept ans de prison ferme. Un verdict unanimement salué.

Le verdict était attendu par tout un pays. Le matin du 22 mars, la télévision israélienne a même interrompu ses programmes pour retransmettre en direct l’arrivée de Moshé Katzav au tribunal de district de Tel-Aviv, sous les huées d’une foule de militantes féministes. Reconnu coupable de viol et de harcèlement sexuel à la fin de décembre dernier, l’ancien président israélien a été condamné à sept ans de prison ferme et deux ans supplémentaires avec sursis. En outre, il devra verser une indemnité de 125 000 shekels (25 000 euros) aux plaignantes, dont l’une est connue sous le pseudonyme Aleph.

La sentence a été prononcée à la majorité de deux des trois juges du tribunal, lesquels ont lourdement insisté sur le fait que Moshé Katzav avait commis ces actes en abusant de ses fonctions. Dans la classe politique israélienne, les réactions ont été unanimes pour saluer ce verdict. « C’est un jour très spécial pour l’État d’Israël, un jour triste mais aussi un jour qui force le respect, car le système judiciaire a fixé le principe de l’égalité de tous devant la loi », a déclaré le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, faisant ainsi écho aux propos du président Shimon Pérès et du ministre de la Défense, Ehoud Barak.

Dans les rangs de l’opposition, Tzipi Livni veut y voir un signal fort pour son pays. « J’ai aujourd’hui grand espoir qu’Israël connaisse un changement », a affirmé la chef de file du parti centriste Kadima, allusion très claire aux nombreux scandales sexuels qui ont éclaboussé des responsables israéliens ces dernières années. Au sein de la Knesset, les réactions sont moins feutrées. « On ne peut pas tolérer une situation où un président de l’État coupable de délits sexuels continue à bénéficier de privilèges », s’est indigné Arieh Eldad, membre de l’Union nationale, une formation d’extrême droite. Comme lui, plusieurs députés du Parlement israélien plaident farouchement en faveur d’une suppression de l’allocation perçue par Moshé Katzav : 400 000 euros par an.

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