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Cet article est issu du dossier «Niger : démocratie, le grand retour ?»

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Agriculture : la faim et les moyens

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La sécheresse sévit une année sur trois et menace les Nigériens de famine.

La sécheresse sévit une année sur trois et menace les Nigériens de famine. © Finbarr O'Reilly/Reuters

Le secteur agropastoral est l’un des plus lourds chantiers du futur gouvernement. Pour préparer le terrain, un plan d’investissement de 1,7 milliard d’euros sur cinq ans a été finalisé en décembre.

Après la crise alimentaire qui a frappé le pays au premier semestre 2010 et menacé de famine plus de 7 millions de Nigériens, le gouvernement de transition en avait déjà fait une de ses priorités. « Le Niger doit mettre en place une politique agricole et, surtout, faire partie d’une politique agricole régionale, explique le ministre de l’Économie et des Finances sortant, Mamane Malam Annou. Si nous sommes passés d’un déficit céréalier en mars 2010 à un excédent de plus de 1 million de tonnes aujourd’hui, c’est surtout grâce à la bonne pluviométrie. » Autrement dit, il ne s’agit pas du résultat d’une politique stratégique.

Anticiper

Pour que le secteur agro­pastoral, qui représente 40 % du PIB et près de 85 % des emplois du pays, réduise sa vulnérabilité à la sécheresse (qui sévit une année sur trois) et anticipe toute menace d’insécurité alimentaire, plusieurs chantiers ont été lancés, qui serviront de base de travail aux nouvelles autorités. Parmi eux : le Programme national d’investissement agricole prioritaire (PNIA-P), finalisé en décembre 2010, et le Plan d’action national de sécurité alimentaire (Pansa), qui doit, à court terme, être intégré au PNIA.

Budgétisé à 1 130 milliards de F CFA (plus de 1,7 milliard d’euros) pour la période 2010-2015, soit environ 188 milliards de F CFA par an, le PNIA vise à développer les activités nécessaires pour atteindre une croissance annuelle du PIB agricole de 7,4 %. Ses financements se répartissent entre la restauration, la préservation et la gestion durable des terres et des ressources forestières (57 %), la politique de genre et de lutte contre le VIH/Sida (15,4 %), la maîtrise de l’eau (7,8 %), les réponses concernant l’insécurité alimentaire, l’amélioration de la santé et de l’état nutritionnel des populations rurales (6 %), ainsi que le sous-secteur de l’élevage, les infrastructures destinées à la commercialisation, l’appui et le conseil aux producteurs, les interventions par filière et la concertation interprofessionnelle (qui totalisent environ 14 %).

Une banque dédiée

Pour soutenir le développement des activités agricoles, les autorités de transition ont lancé, mi-février dernier, la Banque agricole du Niger (Bagri-Niger), une société anonyme dotée d’un capital de 10 milliards de F CFA, dont l’État détient 35 % pour compte propre et un portage de l’ordre de 64 %, le reste étant symboliquement réparti entre cinq actionnaires.

Destinée aux producteurs agropastoraux et à tous les opérateurs du secteur, la Bagri-Niger, soumise aux contraintes prudentielles et réglementaires bancaires, doit servir d’intermédiaire financier avec les structures d’accompagnement telles que les centrales d’approvisionnement, l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA) ou l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN). 

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