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Cet article est issu du dossier «Niger : démocratie, le grand retour ?»

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Sécurité

Business de la sécurité : agences tous risques au Niger

| Par Jeune Afrique

Depuis l’enlèvement d’expatriés à Arlit et à Niamey, le recours aux sociétés spécialisées dans le gardiennage et la protection augmente. Même si leur personnel n’a pas le droit d’être armé.

« L’enlèvement des deux Français, le 7 janvier, en plein cœur de Niamey, n’a pas fait flamber nos tarifs. En revanche, il a fait prendre conscience de notre utilité », explique Yacine Diallo, 40 ans. Ce dernier est rentré au Niger en 2008, après trente ans d’exil en France, pour créer la Société nigérienne de sécurité (SNS).

Le créneau du gardiennage et de la sécurité est en pleine expansion dans le pays, où la détention et l’utilisation d’armes restent pourtant le monopole des pouvoirs publics. « Cela n’est pas gênant et ne constitue pas une entrave à l’activité, précise Yacine Diallo. Même des agents de sécurité armés n’auraient pu empêcher les enlèvements d’Arlit ou de Niamey. »

Une dizaine d’agences, d’inégale importance, se disputent le marché de la sécurité auprès des institutions nationales et internationales ainsi que des particuliers. Les tarifs mensuels vont de 75 000 à 300 000 F CFA (115 à 457 euros) par agent, en fonction de son profil, de son équipement – généralement composé d’une matraque, de gaz lacrymogènes et de menottes – et de… ses mensurations. Le plus onéreux étant de s’offrir les services d’une force de la nature. 

Rondes et vidéo

La plupart des agences sont implantées à proximité de leur clientèle, dans les grandes agglomérations et sur les sites économiques d’importance. Niamey concentre l’essentiel du marché. Outre le gardiennage, leurs prestations vont de la fourniture de matériel de surveillance vidéo ou d’équipements de sûreté (barrières automatiques, portiques, détecteurs de métaux) à la garde rapprochée.

Ciblant la clientèle la plus exigeante (agences des Nations unies, ambassades, établissements bancaires…), la SNS mise sur la formation de ses 600 agents, ainsi que sur une parfaite collaboration avec les forces publiques (police et gendarmerie). Les équipements de communication et le parc roulant (nécessaire aux rondes et patrouilles sur les sites à protéger) constituent le plus gros des investissements réalisés par les agences de sécurité. Quant à leur nombre grandissant, il ne dérange pas outre mesure. « Nous sommes plus complémentaires que concurrents, assure Yacine Diallo. La qualité et le sérieux de la prestation font la différence. » 

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