Elections

Fifa : Bin Hammam défie Blatter

Joseph Blatter (à g.) et Mohamed Bin Hammam, en mai 2009, à Kuala Lumpur.

Joseph Blatter (à g.) et Mohamed Bin Hammam, en mai 2009, à Kuala Lumpur. © Sipa

Le 1er juin à Zurich, le richissime homme d’affaires qatari tentera d’arracher la présidence de la Fifa à son ex-ami suisse, qui la détient depuis 1998. Une élection à couteaux tirés.

Il en faudrait davantage pour troubler la quiétude de la Fifa-Strasse 20, siège de la Fédération internationale de football association (Fifa), sur les hauteurs de Zurich. Pas de remue-ménage, en effet, le 4 avril, après l’officialisation du duel pour la présidence, qui, le 1er juin, opposera le Suisse Joseph « Sepp » Blatter, 75 ans, trois mandats derrière lui depuis 1998, au Qatari Mohamed Bin Hammam, bientôt 62 ans, président de la Confédération asiatique de football (AFC) depuis 2002. Jusqu’à l’an dernier, les deux hommes étaient très proches. Pourtant, leur candidature n’a surpris personne dans ce petit monde impitoyable et secret.

Au printemps 2010, quelques semaines avant le début de la Coupe du monde sud-africaine, le successeur du Brésilien João Havelange à la tête de la richissime organisation (1,28 milliard de dollars de réserves à la fin de 2010, selon le rapport financier qui sera présenté lors du prochain congrès), affirmait déjà à Jeune Afrique : « Je n’ai pas terminé ma mission, qui est de préparer un bel héritage. » Le 22 mars dernier à Paris, à l’occasion de la facile réélection de Michel Platini à la présidence de l’Union des associations européennes de football (UEFA), il a confirmé qu’il briguerait un quatrième et dernier mandat de quatre ans. En insistant sur « le rôle important du football dans l’éducation de la jeunesse », qui reste l’un des axes majeurs de son programme.

Blatter parle tranquillement de l’avenir. Bin Hammam, son nouvel adversaire, répugne à évoquer leur passé commun, mais rappelle quand même qu’il l’a aidé à battre le Suédois Lennart Johansson, en 1998 (111 voix à 80), et le Camerounais Issa Hayatou, quatre ans plus tard (139 voix à 56). Très actif au sein du comité exécutif de la Fifa depuis 1996 et à la présidence du Bureau Goal chargé de soutenir financièrement les fédérations les moins riches, l’homme d’affaires milliardaire a été l’un des acteurs du surprenant succès du Qatar, en décembre 2010, lors de la désignation du pays organisateur du Mondial 2022. Ses partisans assurent que le soutien apporté par Blatter à la candidature américaine ainsi que les énormes difficultés rencontrées par Bin Hamman – auxquelles, selon eux, le président de la Fifa ne serait pas étranger – pour se faire réélire, en 2009, à la tête de l’AFC face au Bahreïni Cheikh Salman Bin Ibrahim Al Khalifa l’ont incité à engager le combat contre son ancien ami.

Pas de rancune. Interrogé par téléphone, le 28 mars, alors qu’il se trouvait au Vietnam, le dirigeant qatari jure qu’il n’a « pas de rancune » vis-à-vis de Blatter. « Je veux, nous a-t-il confié, rendre au football ce qu’il m’a donné, faire partager mon expérience. J’ai des idées neuves. À 61 ans, c’est le moment pour moi. Le football a besoin que beaucoup plus de gens, dirigeants, joueurs, entraîneurs, s’investissent dans les débats de la Fifa. Je veux limiter à deux le nombre des mandats présidentiels. Ma proposition a été rejetée. Si je suis élu, je quitterai la présidence au bout de huit ans. »

Quelques jours plus tard, Bin Hammam est allé plus loin. Au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, il a confié que « Blatter est usé ». Puis, sur son blog, il lui a, le 4 avril, annoncé sans détour ses intentions : « Je vais écrire à l’actuel président de la Fifa pour le féliciter d’être candidat à un quatrième mandat. Je lui ferai savoir que je considère cette élection comme l’occasion pour nous de prouver que la Fifa n’est pas corrompue, que c’est un organisme ouvert et démocratique. »

En 2007, Joseph Sepp Blatter n’ayant pas d’adversaire, les délégués des 207 pays membres (ils sont 208 aujourd’hui) avaient confirmé par acclamations sa deuxième réélection. Cette fois, certains prédisent une élection serrée. Le vote des Européens pourrait être prépondérant. Michel Platini songe à la succession de son collègue suisse, en 2015. Pour lui, un succès de Bin Hammam, qui rencontrera les dirigeants anglais avant la fin de ce mois d’avril, serait une mauvaise surprise.

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