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Politique

Mustapha El Khalfi : « Le Maroc s’est engagé dans de profondes réformes »

Membre du bureau politique du Parti de la justice et du développement (PJD) et directeur de publication du quotidien Attajdid, Mustapha El Khalfi est particulièrement concerné par les différentes réformes engagées au Maroc.  

Mis à jour le 6 mai 2011 à 16:06

Jeune Afrique : Quelle lecture faites-vous du "printemps arabe" ?

Mustapha El Khalfi : En Égypte ou en Tunisie, on assiste à un changement de régime radical ; pourtant, en réalité, l’évolution n’est que partielle car l’armée, l’administration et les partis politiques, à l’exception du Rassemblement constitutionnel démocratique [RCD] tunisien, continuent leurs activités. En Algérie ou en Mauritanie, le pouvoir en place joue l’indifférence et s’engage dans des actions cosmétiques destinées à juguler le mécontentement des populations. Enfin, il y a le Maroc, qui s’est engagé dans un processus de réforme profonde et globale, avec la participation de tous les acteurs politiques et sociaux.

Voyez-vous ce processus aboutir ?

Il est dans l’intérêt de la nation de mettre en place un système démocratique fondé sur la transparence et la bonne gouvernance. Si cela n’aboutit pas, on peut très vite basculer dans l’un des deux autres processus à l’œuvre dans la région, ce qui mettra en danger l’unité nationale et l’intégrité économique. La révision constitutionnelle devrait permettre d’annihiler les menaces que font peser les forces conservatrices. Mais il faut aussi prendre des mesures d’urgence pour améliorer le sort des prisonniers politiques, assurer l’indépendance des médias et lutter contre la corruption.

Que propose le PJD ?

Nous avons passé au crible les Constitutions des grands pays du monde. Le modèle de l’Espagne, qui a opéré une transition consensuelle vers la monarchie parlementaire, a nourri notre réflexion. Nous nous sommes également inspirés des Constitutions d’Afrique du Sud, d’Inde et du Canada pour les questions linguistiques. Et de celle des États-Unis pour la souveraineté. Nous avons fait 80 propositions pour changer le mode de gouvernance politique, dont 20 pour renforcer le rôle du Parlement. 

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Propos recueillis à Rabat par Pascal Airault.