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Cet article est issu du dossier «Maroc : quand l'économie se met au vert»

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Environnement

Préserver l’environnement, c’est gagner en compétitivité

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Par  Saïd Mouline

L’État marocain s’est engagé à élaborer une Charte nationale pour l’environnement.

L'État marocain s'est engagé à élaborer une Charte nationale pour l'environnement. © AFP

Surnommé « Monsieur Énergies renouvelables », Saïd Mouline est le président de la commission développement durable de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Depuis une décennie, le Maroc s’est lancé dans un processus de renforcement de son arsenal juridique environnemental, dont l’objectif est de mettre en place une réglementation permettant la protection et la mise en valeur de l’environnement et assurant un développement durable. Plusieurs lois ont ainsi été publiées, couvrant de nombreux domaines, notamment l’eau, l’air, les déchets, les études d’impact sur l’environnement, les énergies renouvelables… Depuis 2009, l’engagement au plus haut niveau de l’État à travers l’élaboration de la Charte nationale pour l’environnement et le développement durable, ainsi que les plans volontaristes dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique sont venus relancer cette stratégie de développement durable.

La mise en œuvre de ces lois s’est accompagnée de la publication de nombreux textes d’application. Par ailleurs, l’adhésion de notre pays aux différents traités et conventions internationales ainsi que sa détermination à participer aux efforts de la communauté internationale pour mieux préserver l’environnement mondial exigent la mise à niveau et le rapprochement de sa législation avec la législation internationale.

Ce dispositif incite les industriels à prendre des mesures permettant d’atténuer, voire d’éliminer, l’impact de leurs activités sur l’environnement. Mais se conformer à la réglementation environnementale implique souvent des contraintes d’ordre financier et technique. Ils sont confrontés à la nécessité d’investir dans des ouvrages de dépollution, aux coûts d’exploitation, au besoin en main-d’œuvre qualifiée, en technologies, etc. Toutefois, le respect de la réglementation environnementale offre des opportunités aux industriels, dans la mesure où il permet de réaliser des gains aussi bien économiques qu’environnementaux, à travers la gestion rationnelle et l’économie des ressources, la valorisation et le recyclage des déchets. Comme il permet d’avoir accès à de nouveaux marchés.

Ainsi, l’intégration de la composante environnementale, souvent considérée par les industriels comme une contrainte économique supplémentaire, constitue un facteur de compétitivité, contribuant du même coup à un développement économique durable.

Afin d’introduire cette approche, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a constitué, dès 1988, un comité chargé des questions de l’environnement, devenu une commission statutaire dans la structure organisationnelle du patronat, qui porte désormais le nom de commission développement durable. 

La charte de responsabilité sociale adoptée par la CGEM en 2006 a dynamisé les activités de cette commission en précisant de façon claire sa mission et ses axes de réflexion et d’action, avec pour objectif central la garantie de la meilleure adéquation possible entre respect de l’environnement et compétitivité économique de la production nationale.

Dans son volet relatif à la protection de l’environnement, elle demande aux entreprises signataires de définir un cadre d’action prévoyant notamment l’amélioration des performances environnementales, la sensibilisation et la formation des salariés, de réduire les émissions polluantes et les consommations d’eau et d’énergie, d’évaluer et d’atténuer les impacts environnementaux des projets d’investissement, etc. 

Les programmes opérationnels de la commission sont conduits par le Centre marocain de production propre (CMPP), créé en 2000 dans le cadre d’un partenariat public-privé entre la CGEM, les ministères chargés de l’Industrie et de l’Environnement, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel.

Le CMPP assiste les industriels dans la mise en place de mesures préventives en adoptant des modes de production plus propres, une utilisation rationnelle des ressources et l’introduction de technologies respectueuses de l’environnement. Il a aussi réalisé plusieurs projets de démonstration, axés notamment sur l’information, la sensibilisation, le diagnostic environnemental et énergétique, la formation et le management environnemental. Avec toujours le même objectif. Celui d’appuyer la conviction que, pour les entreprises, croissance économique et protection de l’environnement sont deux notions conciliables.

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