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Maroc : quand l’économie se met au vert

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Maroc : quand l’économie se met au vert

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Recherche et développement : une agriculture version 2.0 au Maroc

Mis à jour le 4 mai 2011 à 15:32

Pôles de compétences pour le transfert de technologie, laboratoires de contrôle qualité… Un réseau scientifique et technique est en train de se tisser autour des exploitants, dans les différentes régions marocaines.

Porte d’entrée incontournable des politiques de développement durable, l’agriculture et le monde rural sont au cœur de la stratégie du royaume en la matière. Pour accompagner le plan « Maroc vert », l’État mise sur l’innovation et a inscrit au budget 2011 de l’Agriculture le financement d’importants projets en matière de recherche et développement (R&D), de formation et d’encadrement.

L’objectif est de poursuivre les programmes nationaux et régionaux, notamment la réalisation des cartes de fertilité des sols lancée en partenariat avec l’Office chérifien des phosphates (OCP), la livraison du laboratoire de production in vitro de plants de palmiers dattiers à Errachidia (région de Meknès-Tafilatet), et, tout particulièrement, de faire avancer les projets d’agro-pôles. Les chantiers de ceux de Meknès et de Berkane-Oujda (région de l’Oriental) s’achèvent et trois nouveaux sont en projet dans les régions du Souss, du Haouz et du Tadla-Azilal, dont on espère qu’ils suivront le modèle de l’Agro-Pôle Olivier. 

À l’origine

Fondé en partenariat avec l’École nationale d’agriculture (ENA) de Meknès, l’Agro-Pôle Olivier, opérationnel depuis 2006 et dédié à la filière agro-industrielle oléicole, a acquis une visibilité internationale. Le budget mobilisé pour sa mise en place (infrastructures, équipements de laboratoires, vergers, matériel agricole) a été d’environ 100 millions de dirhams (8,8 millions d’euros).

Le pôle de compétences, qui fonctionne comme un Groupement d’intérêt public (GIP) grâce au partenariat de la région et de divers organismes publics et groupes privés nationaux et internationaux, dispose de laboratoires de R&D de pointe, d’une salle de dégustation et d’analyses sensorielles, d’une unité pilote de trituration et d’une plate-forme de compostage… Sans oublier sa pépinière (d’une capacité de 100 000 plants), ses vergers traditionnels (7 ha) et de démonstration (12 ha) et sa station météo.

Les agro-pôles en chantier à Meknès et à Berkane sont réalisés par MedZ, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), en partenariat avec l’État et les wilayas concernées. Ces complexes seront dotés de pôles de R&D, de laboratoires de contrôle qualité, ainsi que d’unités de formation relevant de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

Nouvelle génération

Sur une superficie de 150 ha, le parc agro-industriel de Meknès, dont le coût d’aménagement est estimé à 500 millions de DH, va desservir les principales filières régionales (oléiculture, céréaliculture, culture maraîchère, lait et viande) et générer, d’ici à quinze ans, la création de 10 000 emplois.

La première phase de l’agro-pôle de Berkane, qui doit être livré début 2012, porte quant à elle sur 25 ha. Le projet, principalement centré sur l’agrumiculture, doit permettre la création de 5 000 emplois directs et 3 000 indirects. À terme, le projet doit s’étendre sur plus de 100 ha (en 2018), pour un investissement total estimé à plus de 1,2 milliard de DH.

Afin de répondre aux besoins des différentes branches, l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), qui a formé près de 800 stagiaires en 2010, compte accompagner les réseaux d’agro-pôles avec la création d’instituts spécialisés. Le premier, à Meknès, sera consacré à l’industrie agroalimentaire, un autre, à Kelaat Es-Sraghna (région de Marrakech), aux métiers de l’oléiculture, et deux centres de formation seront établis à Bouknadel (au nord de Rabat) et Figuig (Est).