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Cet article est issu du dossier «Maroc : quand l'économie se met au vert»

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Environnement

Khalil Zniber : « Ma maison est une folie truffée de logique »

| Par Jeune Afrique
Khalil Zniber est le précurseur de l’habitat durable au Maroc.

Khalil Zniber est le précurseur de l'habitat durable au Maroc. © Hassan Ouazzani pour J.A.

Ingénieur commercial à la retraite et ancien journaliste, notamment à Jeune Afrique, Khalil Zniber, 67 ans, a longtemps vécu en Allemagne. De retour au Maroc, il a construit la première maison 100 % verte du royaume.

Jeune Afrique : Comment et pourquoi cette maison ?

Khalil Zniber : J’ai hérité de mon père un terrain de 6 ha à 60 km de Rabat, à Aït Wahi, sur la route de Meknès. Quand nous sommes allés le voir avec ma femme, en 1999, il était couvert de chardons. Ce fut pour nous une évidence de construire une maison totalement autonome sur le plan énergétique. Sur les conseils d’amis ingénieurs allemands, j’ai fait construire la maison en un peu plus de huit mois. Elle fait 150 m2, est dotée de tout le confort et dispose même d’une piscine de 22 000 litres, qui sert aussi à l’arrosage (nous avons près d’un millier d’oliviers, des citronniers, des orangers et des amandiers).

Quelles sont les caractéristiques de ce "bio-coin" de paradis ?

Les murs sont en briques réfractaires, nous avons une véranda (fondamentale pour l’autonomie énergétique de la maison) et sommes équipés en panneaux solaires de deux types : l’un pour l’électricité, l’autre pour la production d’eau chaude, qui alimente aussi le chauffage par le sol. Sous le bejmat [« tommettes », NDLR], il y a une forêt de microtubes en poly­propylène, une natte capillaire qui fonctionne en circuit fermé. Le schéma de production électrique comprend aussi une éolienne de 23 m de hauteur et d’une puissance nominale de 1 500 watts. Ses batteries alimentent jour et nuit la maison en 220 volts, en couplage avec les panneaux photo­voltaïques. De quoi alimenter non-stop nos appareils électroménagers.

Ce type de maison et ses équipements reviennent en moyenne 30 % plus cher qu’une habitation traditionnelle. C’est le prix de l’autonomie. Mais il est rapidement amorti quand on construit pour la vie.

Pensez-vous que ce type de maison peut se généraliser ?

Mon rêve est que le Maroc se couvre de maisons comme la mienne. Pour cela, il faut que les mentalités évoluent, notamment chez les personnes aisées, qui n’ont pas encore la fibre écologique, contrairement aux paysans. Certains de mes visiteurs me prennent pour un fou, mais ma maison est une folie truffée de logique. Vous croyez que les chercheurs et ingénieurs allemands qui essaient de promouvoir le projet solaire Desertec sont des fous ? Personnellement, j’ai la réponse…

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Propos recueillis par Nicolas Marmié, à Aït Wahi.

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