Sécurité

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo, le reclus de Korhogo

Laurent Gbagbo, à son arrivée à Korhogo.

Laurent Gbagbo, à son arrivée à Korhogo. © D.R.

Il s’est accroché à son fauteuil, puis terré dans le bunker de sa résidence, à Abidjan. Arrêté, l’ex-chef de l’État ivoirien, Laurent Gbagbo, a finalement été transféré à Korhogo, dans le nord du pays. Où il reçoit très peu de visites.

En cette matinée du 12 avril, dans sa chambre du Golf Hôtel, à Abidjan, Laurent Gbagbo, capturé la veille, n’est pas mécontent de revoir Choi Young-jin. L’ancien président salue le représentant spécial de l’ONU à l’africaine, tête contre tête, et remarque la présence d’Emanuela Calabrini, proche collaboratrice de Choi, d’origine italienne : « Elle est là aussi Carla Bruni ! » « Je suis venu vous délivrer deux messages, lui explique alors Choi Young-jin. Les Casques bleus vont vous protéger et l’Onuci va faire ce qui est en son pouvoir pour que vous soyez bien traité. » S’ensuit une discussion courtoise. Quelques heures plus tard, Laurent Gbagbo s’envole pour Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ouattara dira plus tard qu’il a pris soin de les placer, lui et son épouse, dans des villages liés à sa famille.

Gbagbo est accueilli à l’aéroport par des militaires onusiens puis transféré dans la villa présidentielle où s’arrêtait occasionnellement Félix Houphouët-Boigny. L’annonce de son arrivée s’est vite propagée dans la ville. Les premiers jours, de nombreux badauds ont rôdé dans l’espoir de l’apercevoir. Mais les hommes de Fofié Kouakou, commandant de zone de Korhogo, et les Casques bleus ont renforcé le dispositif de sécurité. Gbagbo ne reçoit aucune visite, hormis celle des militaires, du personnel de santé mis à sa disposition et des domestiques.

La curiosité retombe

Les responsables du Comité international de la Croix-Rouge ont demandé un entretien en tête-à-tête, mais se sont vu proposer une rencontre accompagnée. Ils n’ont pas donné suite. Après quelques jours, la curiosité est retombée d’un cran. On ne cherche plus à voir le célèbre prisonnier, mais l’on spécule volontiers sur son sort. Untel l’a vu faire du taxi-moto, l’autre dans un champ de coton… Les plaisanteries vont bon train.

Finalement, Laurent Gbagbo a reçu sa première visite officielle le 1er mai. Ce jour-là, il a rencontré l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, l’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, ainsi que l’ancienne présidente d’Irlande et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Mary Robinson, dans le cadre d’un voyage des « Elders » pour favoriser la paix et la réconciliation

Puis il a été entendu par le procureur de la République d’Abidjan, Simplice Kouadio Koffi, le samedi 7 mai dans le cadre d’une enquête préliminaire portant sur  la crise née de la contestation du scrutin présidentiel du 28 novembre dernier. Il n’a pas pu être assisté de ses avocats français, empêchés d’entrer sur le sol ivoirien quelques jours plus tôt.

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