Politique

Libye : Kadhafi trahi par… son téléphone

Contrairement à ce qu’elle affirme, l’Otan cherche réellement à éliminer Mouammar Kadhafi. C’est du moins ce que croient savoir des sources proches des services de renseignement de l’organisation atlantiste.

Mis à jour le 12 mai 2011 à 15:40

Kaddafi allume son portable, 45 minutes plus tard la maison de son hôte est bombardée. © Joseph Eid / AFP

C’est bien Mouammar Kadhafi en personne qui était visé dans l’opération de l’Otan qui, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, a tué l’un de ses fils, Seif el-Arab, sa belle-fille et trois de ses petits-enfants. Le numéro un libyen a commis l’imprudence d’allumer l’un de ses téléphones portables. Aussitôt, l’état-major de l’Otan l’a localisé dans la résidence de Seif el-Arab, à Tripoli, où il se rendait régulièrement.

Quarante-cinq minutes plus tard, la maison était pulvérisée par des projectiles de forte puissance… Kadhafi et son épouse étaient-ils encore là au moment des premières frappes ? Le porte-parole du régime de Tripoli l’affirme. L’état-major de l’Otan n’en sait rien. En tout cas, le « Guide » l’a échappé belle.

L’Otan a bien-sûr démenti avoir visé la famille Kadhafi et reconnaît seulement avoir frappé « un poste de commandement et de contrôle ». Commentaire d’un proche des services de renseignement de l’organisation transatlantique : « Dans le langage de la maison, Kadhafi lui-même est un poste de commandement. »