Politique

Libye : ils suivent le « Guide »

Au milieu, Abdelati Obeidi, chef de la diplomatie loyaliste libyenne. © Sipa

Kadhafi peut encore compter sur ses anciens compagnons et sur ses enfants, avec une habile répartition des tâches. Mais aussi sur plusieurs tribus qui lui sont restées fidèles.

Mouammar Kadhafi ne règne pas uniquement par la terreur. Il joue également sur la fibre tribale. Si la brigade Khamis recrute ses soldats d’élite parmi les Gueddafa, dont est issu le « Guide » et qui occupent la zone-région allant de Sebha (600 km au sud-est de Tripoli) au golfe de Syrte, les miliciens du Mouvement des comités révolutionnaires (MCR) proviennent de toutes les tribus, y compris celles de Cyrénaïque, à l’avant-garde de l’insurrection. Une manière de les impliquer toutes sur le théâtre des opérations. Ainsi, pour remplacer Moussa Koussa, ancien patron du renseignement extérieur et ex-ministre des Affaires étrangères, qui a fait défection le 30 mars, Kadhafi a choisi Abdelati Obeidi, 66 ans, ancien vice-ministre des Affaires européennes, pour son entregent sur le Vieux Continent, mais aussi pour son appartenance à l’importante tribu des Obeidate, géographiquement à cheval entre la Tripolitaine et la Cyrénaïque.

Revoilà jalloud

Autres tribus à avoir renouvelé leur allégeance à Kadhafi, les Megraha et une partie des Warfala. Les soutiens dont bénéficie le « Guide » émanent principalement des tribus de la partie méridionale de la Jamahiriya, notamment dans le Fezzan, où les Toubous apportent leur ardeur au combat contre les insurgés.

Parmi les rares survivants des « officiers libres », terme désignant les compagnons de Kadhafi lors du putsch du 1er septembre 1969 contre le roi Idriss, on n’a enregistré aucune défection. Le nom du général Mustapha Kharroubi a été évoqué pour remplacer Kadhafi durant une période de transition, comme l’a suggéré Seif el-Islam dans sa proposition de sortie de crise. Le général-major Abou Bakr Jaber Younès conserve son portefeuille de la Défense, même s’il a complètement disparu depuis le 17 février. Le colonel Abdessalam Jalloud a refait surface pour présenter ses condoléances à Kadhafi, et le général Rifi, père de la défunte Légion verte (un corps composé de combattants touaregs), aurait, selon une source subsaharienne, repris du service à Bab el-Aziziya, centre névralgique de la contre-insurrection. Kadhafi compte également sur sa progéniture avec une habile répartition des tâches. Seif el-Islam et Saadi multiplient les initiatives politiques, Moatassem et Khamis s’occupent essentiellement des affaires de sécurité et des questions militaires. Quant à Aïcha, elle est chargée des relations publiques et des actions juridiques à l’international.

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