Vie des partis

Égypte : les Frères musulmans entrent en politique

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Après la réunion du bureau de Guidance, le 30 avril au Caire.

Après la réunion du bureau de Guidance, le 30 avril au Caire. © Sipa

On connaissait l’influente confrérie égyptienne des Frères musulmans. Il faudra maintenant compter avec son émanation politique : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

Si, sous Hosni Moubarak, les Frères musulmans étaient des habitués des tribunaux égyptiens, l’audience de mercredi dernier à la cours de cassation, où siège le comité en charge des partis politiques, était totalement inédite pour eux. Mohamed Saad el-Katatni, figure influente de la confrérie, venait officiellement présenter les documents nécessaires à la reconnaissance du nouveau Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

Lors de la conférence de presse qui a suivi la remise des documents, Mohamed Saad el-Katatni a fait savoir que le tout jeune parti comprenait 8 821 membres, dont 978 femmes et 93 coptes. Il a également annoncé que le vice-président du parti serait Rafiq Habib, un intellectuel chrétien. « Nous n’avons pas choisi Rafiq Habib juste parce qu’il est chrétien, mais surtout pour sa qualité d’intellectuel et de figure publique qui peut apporter beaucoup au parti », a expliqué el-Katani avant d’ajouter qu’il allait de soi que leurs « frères chrétiens étaient des partenaires dans la patrie ».

« Les partis religieux appartiennent au Moyen Âge »

Le 30 avril, sur le perron de leurs nouveaux locaux, dans le quartier populaire cairote de Muqattam, les Frères musulmans avaient déjà annoncé, à l’issue de la première réunion non clandestine de leur Bureau de guidance depuis seize ans, la naissance de leur formation politique : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ). « Un parti civil aux fondements musulmans », puisque « les partis religieux appartiennent au Moyen Âge », a affirmé son président, Mohamed Morsy, et qu’ils sont toujours interdits.

Bien qu’historique, la création du parti a immédiatement suscité des réserves au sein de ses propres rangs. Beaucoup craignent qu’il ne soit pas assez indépendant de la confrérie. Presque 80 % de ses 8 000 fondateurs sont des Frères, et c’est leur Bureau de guidance qui a choisi, parmi ses membres, le président, le vice-président et le secrétaire général. Pourtant, le trio était censé être élu. Le processus aurait pris des semaines, a-t-on répondu aux jeunes.

Ces critiques risquent-elles d’affecter la popularité du mouvement ? Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center entre le 24 mars et le 7 avril, 75 % des Égyptiens ont une opinion favorable ou très favorable des Frères. Lesquels ont encore joué la carte de la modération en renvoyant dos-à-dos les salafistes et les coptes impliqués dans les affrontements confessionnels du 7 mai (quinze morts). Tout en les qualifiant de contre-révolutionnaires.

La décision du PLJ de ne pas présenter de candidat à la présidentielle de septembre accroît ses chances aux législativ

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