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Cet article est issu du dossier «À la poursuite du Gabon vert»

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Gabon : qui exploite la forêt gabonaise ?

L’État a commencé à faire le ménage parmi les titulaires de permis forestiers. Pas simple.

L’or vert n’aime pas le bruit, et la filière gabonaise du bois ne déroge pas à la règle. Deuxième employeur du pays derrière la fonction publique, avec près de 30 000 emplois, elle représente 4 % du produit intérieur brut (PIB, 6 % hors pétrole), mais suscite souvent les critiques pour son manque de transparence. Ni le gouvernement ni les exploitants forestiers ne communiquent sur les activités de la filière.

On sait néanmoins que la compagnie Bordamur, détenue par le groupe malais Rimbunan Hijau, est citée comme étant le plus grand concessionnaire du pays. Elle exploite plus de un million d’hectares, situés principalement dans le nord-ouest du pays. Comme d’autres compagnies malaises, telles que Fobo et Bonus Harvest, elle est le porte-étendard d’une présence asiatique de plus en plus soutenue. Ces dernières années se sont implantés le singapourien Olam, les chinois Sunly, HTG, TBNI ou encore Shengyang, qui a racheté le français Gabon Export Bois pour 68 millions d’euros en août 2010.

Europe contre Asie

L’entrée en force des groupes orientaux dans cet espace occupé depuis le début de l’exploitation forestière, en 1899, par les compagnies européennes et majoritairement françaises, est une conséquence de l’augmentation de la demande asiatique. Il est loin le temps où la Société du Haut-Ogooué (SHO) exploitait les deux cinquièmes du territoire gabonais.

Certes soumises à une rude concurrence, les compagnies européennes ou contrôlées par des capitaux européens détiennent encore des concessions importantes. C’est le cas des français Rougier (près de 690 000 ha), Thanry-CEB (505 000 ha), SHM-Interwood (300 000 ha) ou de l’italienne Basso Timber Industries (450 000 ha). 

Une rente

Conçue pour attirer les investisseurs, la législation a favorisé la prépondérance des capitaux étrangers dans le secteur. Dans la plupart des cas, les unités d’exploitation réservées aux Gabonais par le code forestier de décembre 2001 sont sous-traitées à des sociétés étrangères. En signant ces contrats de « fermage » avec de grandes compagnies, les détenteurs de permis perçoivent d’importants loyers et peuvent s’assurer une rente sans courir le risque d’investir dans leurs concessions.

Même la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) est détenue à 51 % par l’État et à 49 % par des sociétés étrangères. Elle fixe notamment les quotas de coupe de l’okoumé et de l’ozigo, deux des essences majeures de la filière.

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