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Cet article est issu du dossier «À la poursuite du Gabon vert»

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Gabon : aux arbres citoyens !

Par Marc Ona Essangui

Le Gabon va vers une gestion et une gouvernance améliorées de ses fôrets. © Brainforest

Marc Ona Essangui est le président-fondateur de l’ONG Brainforest.

À l’instar d’autres pays du Bassin du Congo, le Gabon s’est engagé dans des négociations avec l’Union européenne (UE) afin d’aboutir à la signature d’un Accord de partenariat volontaire (APV) dans le cadre du processus Forest Law Enforcement, Governance and Trade (FLEGT), législation européenne visant à interdire les importations de bois brut ou transformé produit illégalement.

Après deux ans de correspondance et plusieurs rencontres, en novembre 2009, le Premier ministre gabonais a officiellement demandé l’ouverture des négociations au commissaire européen en charge du Développement. Un Comité technique de coordination (CTC) a été créé, qui regroupe les représentants des trois collèges parties prenantes du débat sur la gouvernance forestière et le FLEGT au Gabon : l’administration (ensemble des ministères concernés par la gestion des forêts), la société civile et les opérateurs privés du secteur.

Sous l’autorité de Sylvain Nze Nguema, directeur général adjoint des eaux et forêts et président du comité de négociation, le CTC est chargé de la préparation technique des sessions de négociation entre le délégué européen et le ministre des Eaux et Forêts, représentant la partie gabonaise. Il constitue le cadre des discussions techniques entre les trois collèges, la règle étant de recueillir les points de vue de chacun jusqu’à aboutir à des positions communes. Ce sont ces dernières, résultat d’une démarche concertée du pays pour la définition de sa légalité forestière, qui font l’objet de négociations avec l’Union européenne.

Pour nous aider à relever les défis d’une meilleure gouvernance du secteur forestier, satisfaire les attentes de la communauté internationale en matière de lutte contre l’exploitation illégale du bois et mobiliser les différents acteurs, des appuis ont été mis en place par d’autres partenaires tels que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’ONG Fern, l’European Forest Institute (EFI) et l’Association interafricaine des industries forestières (Ifia).

Brainforest, tête de pont du collège de la société civile aux négociations de l’APV entre l’Union européenne et le Gabon, est chargé, sous la houlette de son chef de projet, Richelieu Zue Obame, de coordonner la participation des trente-six organisations de défense de l’environnement qui forment ce collège. Après deux années de travail intensif, les résultats sont concluants.

Un programme d’analyse des textes réglementaires gabonais relatifs à la forêt et à l’environnement a été réalisé à son initiative, dont le rapport final est consultable en ligne sur le site de Brainforest (www.brain-forest.org).

Le but était de permettre à l’ensemble des parties prenantes aux discussions sur l’amélioration de la gouvernance forestière d’avoir une connaissance aussi précise que possible des failles du système réglementaire, lesquelles constituent des poches d’inhibition à la progression du Gabon vers une gestion et une gouvernance améliorées de cette ressource naturelle stratégique.

La connaissance des faiblesses du cadre réglementaire devait donc contribuer à orienter les discussions sur des points d’intérêts majeurs afin d’aboutir à des solutions concrètes.

Dans le cadre de sa participation à l’amélioration de la gouvernance forestière, la société civile gabonaise a par ailleurs engagé depuis un an un programme de renforcement des capacités. L’objectif est de faciliter chez les acteurs de la gestion forestière la compréhension des concepts et thématiques techniques liés au FLEGT et à l’APV, ainsi que les thématiques connexes de la gestion forestière que sont la Réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) et les Mécanismes de développement propre (MDP).

Enfin, en 2011 et pour les années à venir, l’action de la société civile va se concentrer sur la mise en place d’un mécanisme d’appui à l’administration forestière dans l’exercice de sa mission de suivi de la légalité sur le terrain. Ce processus devra se dérouler dans le cadre d’un observatoire indépendant des activités forestières animé par la société civile, en partenariat étroit avec l’administration et le secteur privé.

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