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Gabon : l’émergence énergétique au fil de l’eau

Siège de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (Seeg).

Siège de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (Seeg). © AFP

Le déficit en électricité entrave le développement. Pour augmenter sa capacité de production, le pays mise sur l’hydraulique.

Estimé entre 70 % et 83 % selon les sources, le taux gabonais d’accès à l’électricité est l’un des plus élevés d’Afrique subsaharienne. Mais, en dépit d’une capacité de production de 374 MW, le pays souffre d’un déficit énergétique qui pourrait contrarier ses objectifs d’émergence. En effet, les mesures telles que l’interdiction d’exporter le bois en grumes devraient se traduire par une augmentation du nombre d’unités industrielles gourmandes en énergie électrique. Une hausse de la demande potentiellement problématique. « Le déficit d’électricité pourrait entraver la réalisation du projet Gabon industriel », craint le ministre de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, Régis Immongault. Le gouvernement estime que la demande de pointe pourrait atteindre 1 039 MW en 2020.

Mais pas question de résorber ce déséquilibre à n’importe quel prix. Le pays veut relever son offre d’électricité en tablant sur des sources d’énergies propres.

Grands projets en cours

Selon le plan établi, l’hydroélectricité (le Gabon est doté d’un potentiel de 6 000 MW) devrait représenter 80 % des approvisionnements. Elle présente deux avantages majeurs : de faibles coûts d’exploitation et peu d’émissions de gaz à effet de serre.

Les travaux de l’un des projets phares, le barrage de Mitzic (Woleu-Ntem), devraient commencer en juin prochain ; la livraison est prévue courant 2013. Il est le fruit d’un partenariat public-privé avec l’entreprise Coder. Il devrait augmenter la capacité de production de 42 MW, avec une puissance garantie de 36 MW. D’autres projets sont en phase de réalisation, comme le barrage Impératrice à Fougamou (Ngounié).

Les travaux n’ont pas encore été lancés, mais ils ne devraient pas tarder puisque le gouvernement table sur une livraison courant 2013. Dans la région du Haut-Ogooué, la construction de l’ouvrage de Grand Poubara (dont le calendrier n’est pas encore déterminé) fournira 160 MW de puissance supplémentaire au réseau national. 

Contexte difficile

Entre 1987 et 1997, le gouvernement avait arrêté de construire des barrages. Ce retour aux « grands projets structurants » s’opère dans un contexte difficile. Excédé par des interruptions prolongées et répétées de la distribution d’électricité dans la capitale gabonaise depuis février 2007, le gouvernement avait décidé, le 4 décembre 2009, de réviser les accords liant l’État à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg), concessionnaire en situation de monopole depuis 1997 et dont le contrat court jusqu’en 2017. De cette décision avait découlé l’audit de la Seeg, lancé le 26 avril 2010.

« Dès le départ, nous aurions dû garder un œil sur les choix de la Seeg en matière de sources énergétiques », déplore Immongault. La filiale de Veolia a massivement investi dans la construction ou la location de centrales thermiques au fioul, au gasoil ou au gaz, qui ont engendré un renchérissement du coût de l’électricité sans juguler la pénurie. « Aujourd’hui à Port-Gentil, la capitale économique, on est sur le fil du rasoir. Il faut investir », martèle le ministre.

Privilégiant des sources d’énergie non polluantes, le gouvernement a commandité à une entreprise canadienne une évaluation du potentiel éolien du pays. « Il est malheureusement très faible », regrette Immongault. Quoi qu’il en soit, assure-t-il, les parcs nationaux seront essentiellement équipés de systèmes solaires ou éoliens. Une expérience sur la biomasse est également envisagée, à partir des déchets de l’industrie du bois. Dans les zones lagunaires de l’Ogooué-Maritime, de l’Ogooué-Ivindo et de la Nyanga, trop éloignées du réseau interconnecté, des systèmes photovoltaïques seront installés.

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