Télécoms

Sénégal : ouverture du premier tabletcafé au monde

| Par Jeune Afrique
Le tabletcafé fonctionne tous les jours, de 8 heures à minuit.

Le tabletcafé fonctionne tous les jours, de 8 heures à minuit. © AFP

L’an dernier, Médoune Seck tenait un cybercafé équipé d’ordinateurs fixes à la Médina, un quartier populaire de Dakar. Avec l’aide de Google, il les a remplacés par des tablettes, donnant ainsi naissance au « premier tabletcafé du monde » selon le géant de l’Internet.

« Le premier cybercafé équipé de tablettes, Tablette Café », est-il écrit sur l’enseigne, dans la grouillante Rue 41 de la Médina où les trottoirs sont de véritables lieux de vie : un menuisier s’active ici, là, une femme lave son linge sous le regard d’une brebis, d’autres femmes tiennent un restaurant de fortune, des enfants jouent et se chamaillent.

Médoune Seck, homme svelte de 33 ans, a grandi dans le quartier. Et c’est dans cette rue qu’il a ouvert, il y a six ans, « Equinoxe », le cybercafé qui a depuis cédé la place au « tabletcafé » et à ses murs repeints dans des tons chauds. Trois cabines avec des portes en bois pour les discussions vidéo et un coin boutique de matériel électronique complètent le décor. Le tabletcafé fonctionne tous les jours, de huit heures à minuit, au même tarif qu’avant, soit 300 FCFA (45 centimes d’euro) pour une heure de connexion. À son arrivée, le client laisse sa pièce d’identité et paie sa connexion avant de disposer d’une tablette. Il récupère sa pièce d’identité après avoir rendu l’appareil, qui est réinitialisé en sa présence pour effacer ses données personnelles, explique Médoune Seck.

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Premier tabletcafé du monde

Pourquoi abandonner les ordinateurs fixes ? « Il faut savoir avancer. (…) Les tablettes, ça va révolutionner l’Afrique, le Sénégal », répond, sûr de lui, le jeune patron. Plus faciles à utiliser qu’un ordinateur fixe, elles vont permettre au grand public d’accéder à internet, croit-il. « On a investi parce que c’est une initiative de Google ». En 2012, « il y avait un concours avec beaucoup de cybercafés, ils m’ont choisi.  » Il parle d’un « accord » avec Google mais refuse d’en dire plus.

Autonomie

« C’est le premier tabletcafé du monde, un cybercafé qui fonctionne avec des tablettes. Nous avons accompagné financièrement notre partenaire qui a lui-même acheté ses tablettes auprès des fabricants », se contente d’expliquer à l’AFP Tidiane Dème, responsable des activités de Google en Afrique francophone. Les tablettes coûtent à l’unité plus cher qu’un ordinateur de bureau, mais pourraient permettre de relancer les activités des cybercafés qui font face à des « problèmes de coût liés à l’électricité, de coupures fréquentes qui créent des manque à gagner ». Les tablettes « qui consomment 25 fois moins d’électricité qu’un ordinateur normal, peuvent continuer à fonctionner quand il y a coupure de courant », précise le représentant de Google.

Marché de l’internet en pleine expansion

Les cybercafés font aussi face au développement de l’internet mobile dans ce pays d’environ 13 millions d’habitants où le marché est en pleine expansion. Selon l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), « le parc des usagers a progressé globalement de 84% en 2012, portant ainsi le nombre d’abonnés à 628 621 » en décembre 2012 (contre 341 703 en décembre 2011). Une croissance portée principalement par l’explosion des offres 3G.

Attirés par la curiosité ou par le réel besoin de se connecter, les premiers clients du tabletcafé de la Médina s’en réjouissent, tout comme la grand-mère de la maison d’en face. Venue « bénir » l’initiative, la vieille Boury Guissé, en boubou, foulard et écharpe colorés, a eu droit à une initiation à la tablette et en est repartie amusée. Mamadou Camara, 16 ans, avait « l’habitude des PC de cybercafé qui sont très lents et épuisent le crédit » de connexion. Pour lui, « la tablette, c’est mieux. Ici, ça va vite », et il espère qu’il ne se ruinera plus pour ses recherches « pour les cours, sur les sites de sport, sur Facebook et aussi les appels Internet ». 

Selon une étude du secteur publiée le 28 mai par l’institut de recherche IDC (International Data Corporation), les ventes de tablettes devraient dépasser d’ici à 2015 celle des ordinateurs fixes et portables dans le monde.

(Avec AFP)

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