Energie

Le Gabon cherche à récupérer les actifs de Sinopec

| Par Jeune Afrique
L'an dernier, le Gabon avait déjà retiré à Addax le champ d'Obangue pour de prétendues violations de contrat. DR

L'an dernier, le Gabon avait déjà retiré à Addax le champ d'Obangue pour de prétendues violations de contrat. DR ©

Par la voix de son ministre du Pétrole Étienne Ngoubou, le gouvernement gabonais menace de déposséder Addax, la filiale locale du chinois Sinopec, de son actif de Tsiengui.

Selon le ministre du Pétrole gabonais Étienne Ngoubou, interviewé par le Financial Times, le Gabon prévoit de reprendre les actifs de trois sociétés pétrolières, parmi lesquels le champ onshore de Tsiengui, opéré par le chinois Sinopec, présent dans le pays à travers sa filiale Addax Petroleum. Le nom des deux autres sociétés concernées n’a pas été divulgué, mais il semble que Shell et Total, les deux principaux opérateurs pétroliers au Gabon, ne sont pas concernés.

Le Gabon accuse la société d’avoir violé son contrat. L’an dernier, le Gabon avait déjà retiré à Addax le champ d’Obangue, invoquant la même raison. Les actifs sont désormais gérés par le champion national récemment créé, Gabon Oil Company (GOC). La filiale du groupe chinois, qui a depuis lancé une action judiciaire, a dit au quotidien financier britannique n’avoir aucune intention de quitter le pays. Les désaccords entre les opérateurs et le ministère du Pétrole gabonais, qui se sont fortement accentués, interviennent alors qu’un certain nombre de pays africains tentent d’obtenir de meilleures conditions de la part des multinationales étrangères en combattant les prix de transfert et l’évasion fiscale.

Lire aussi :

Hydrocarbures : rien n’arrête Sinopec
Au Gabon, la moindre goutte de pétrole compte

Tensions

Cette annonce risque par ailleurs d’exacerber les tensions à propos du manque de clarté dans les termes et conditions de l’investissement dans le secteur pétrolier alors que le Gabon se prépare à distribuer des licences pour l’exploitation de gisements en eaux profondes au large de ses côtes. Au point de mettre en danger leur mise en valeur alors que certains experts estiment que ces réserves pourraient rivaliser les récentes découvertes en offshore profond au Brésil.

Enfin, des soupçons pèsent sur les réelles motivations du gouvernement gabonais même si la thèse selon laquelle l’État redistribue arbitrairement des actifs à la GOC est réfutée par le ministre gabonais. « Le fait est qu’il  y a un dilemme entre la nécessité de réaliser des contrôles objectifs et la nécessité de créer des incitations pour les nouveaux investisseurs. Nous essayons d’avoir ces deux éléments à l’esprit », a tenté de rassurer le ministre.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3092_600x855 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte