Justice

Affaire DSK : Nafissatou Diallo, une victime sans visage

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Qui est la femme de chambre qui a fait chuter DSK ? Une Guinéenne pieuse et sans histoires, répond son entourage…

Au cœur du scandale DSK, la victime présumée reste une énigme. À l’abri dans un endroit inconnu – elle n’est retournée ni à son domicile ni à son travail depuis le déclenchement de l’affaire –, la femme de ménage du Sofitel continue de se dérober à l’énorme pression médiatique.

Très peu d’éléments ont filtré, et certains sont contradictoires. Officiellement, on sait qu’il s’agit d’une femme de 32 ans de nationalité guinéenne, qui vit depuis sept ans aux États-Unis, où elle bénéficie de l’asile politique. Elle s’appelle Nafissatou Diallo et appartient, semble-t-il, à l’ethnie peule, éléments non repris par la presse américaine.

Selon son avocat, Me Jeffrey Shapiro, elle a quitté son pays « dans des circonstances difficiles ». Divorcée, elle vivrait seule avec sa fille de 15 ans dans le Bronx, au nord de New York, dans un quartier déshérité. Enfin, rien n’est sûr. Un certain Blake, qui se présente comme son frère mais serait en réalité son petit ami – il tient un restaurant à Harlem –, soutient que la fillette n’aurait que 9 ans.

Quoi qu’il en soit, Jorge Tito, le directeur du Sofitel de Manhattan, jure que Nafissatou est une employée modèle, « qui donne entière satisfaction tant par son travail que par son comportement ».

Selon l’un de ses voisins cité par le New York Post, un tabloïd qui n’a rien à voir avec la presse de caniveau britannique, elle serait une musulmane pieuse et mènerait une vie tranquille et laborieuse : « Jamais, dit-il, elle n’a causé de problème à quiconque ; elle est toujours aimable. » Même son de cloche du côté de Me Shapiro : « Son travail était tout pour elle. Elle n’aurait rien fait qui puisse l’en priver. C’est une femme simple, heureuse d’avoir un emploi qui lui permet de subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille. »

Il n’est pas exclu que l’on n’en sache jamais beaucoup plus sur la femme de chambre qui a fait chuter le tout-puissant directeur général du FMI. Le programme de protection des victimes dont elle bénéficie est en effet très efficace.

Un procès presque aussi retentissant que l’affaire DSK est en cours devant la Cour suprême de l’État de New York. Il oppose une jeune femme à deux policiers qu’elle accuse de l’avoir violée, en décembre 2008. Les agissements les plus scabreux de l’un des policiers, dont la biographie a été passée au crible, sont étalés à satiété sur la place publique. En revanche, l’identité de la victime a été, à ce jour, scrupuleusement préservée.

Un avant-goût de ce qui attend DSK ?

Article paru dans le J.A. n° 2628, du 22 au 28 mai 2011.

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