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Guinée équatoriale : sur le devant de la scène

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Hôtellerie en Guinée équatoriale, la guerre des étoiles

Les établissements se multiplient ces dernières années, surtout sur le segment haut de gamme, ciblant une clientèle d’affaires. Au risque de saturer le marché ?

Mis à jour le 24 juin 2011 à 13:06

En l’espace de cinq ans, les hôtels ont poussé comme des champignons en Guinée équatoriale. Bien évidemment, c’est dans la capitale que le parc s’est le plus étoffé. Des cinq étoiles (Hilton, Sofitel Malabo President Palace et Sofitel Malabo Sipopo Le Golf) aux trois et quatre étoiles (Bahia 2, 3-de-Agosto, Tropicana et Ibis à Malabo II), en passant par les hôtels de standing moyen (Paraíso, El Castillo, Brenda, Banapa Club) et tous les autres, Malabo compte aujourd’hui une gamme diversifiée d’établissements, auxquels s’ajouteront, l’an prochain, le Bahia et l’Ureca, en cours de réhabilitation. 

Des prix salés

« À terme, il y aura plus de 1 000 chambres à Malabo », informe Serafin Romay Perez, le gérant du Bahia 2. De quoi faire baisser les prix, plutôt salés ? Évidemment, assurent les hôteliers. Les trois et quatre étoiles, pleins à craquer actuellement, se préparent à la concurrence, même si la demande devrait rester forte en raison des bonnes perspectives pétrolières et gazières. Les hôtels de grand standing, où, en dehors d’événements particuliers, le taux d’occupation reste faible, risquent, eux, de souffrir.

Le Sofitel Malabo Sipopo Le Golf a pris les devants. « Nous misons sur trois types de clients, explique Sylvain Chauvet, le directeur. La clientèle business long séjour, à qui nous offrirons des tarifs préférentiels d’environ 200 euros la nuitée ; les expatriés, avec des packages pour le week-end ; et la clientèle golfique américaine. En 2012, des campagnes de promotion de la destination seront lancées aux États-Unis. » Une petite révolution dans le pays, où le tourisme d’affaires et, de plus en plus, de congrès domine. 

Offre encore insuffisante

À Bata, qui ne compte qu’une poignée d’hôtels, dont le Plaza, en centre-ville, le Panafrica et le Carmen, en bord de mer, plus quelques établissements ici et là, l’offre reste insuffisante. Maintes fois annoncée, la construction du Hilton n’a pas encore démarré. Avant la fin de l’année, la situation devrait s’arranger avec l’ouverture de l’Ibis. Et, en 2012-2013, celle du Media Luna, un cinq étoiles. Mais si la concurrence accrue laisse, là aussi, espérer une baisse des prix, ceux-ci pourraient rester tendus. Les grands chantiers en cours de réalisation dans la partie continentale du pays font en effet augmenter la demande. Reste à espérer qu’un effort sera fait sur la qualité des prestations.

Formation accélérée

Les capacités d’hébergement se développent, mais la Guinée équatoriale manque de personnel hôtelier qualifié. Dans la perspective du sommet de l’Union africaine, tout le monde a mis les bouchées doubles. Ainsi le Sofitel Malabo Sipopo Le Golf et le Hilton ont fait appel à des étrangers pour former leurs 200 employés respectifs.

C’est à Mongomo, où une école hôtelière a été inaugurée en mai dernier, que le gouvernement a, de son côté, organisé une formation pour quelque 400 jeunes, recrutés en particulier pour le site de Sipopo (qui accueillera les délégations officielles, lire pp. 68-69). Au sortir de ce cursus de quarante-cinq jours, encadré par deux experts portugais – João Nogueira, administrateur de l’entreprise Formibérica, et Vasco Lima, directeur d’une importante chaîne d’hôtels –, les jeunes recrues devraient maîtriser l’art de recevoir et d’accueillir clients et hôtes de marque, de cuisiner ou de servir à table, d’entretenir une chambre ou de surveiller un lieu.

Les autres villes ne sont pas restées à l’écart du mouvement. Mongomo, dans le Rio Muni, a son cinq étoiles, et Luba, le port de logistique pétrolière de l’île de Bioko, deux bons établissements. Mbini dispose de plusieurs hôtels dont ceux du groupe Sateba et l’Inmaculada de GVI, qui en a aussi implanté un à Ebebiyin. La ville de Cogo, sur l’estuaire du fleuve Muni, et les îles de Corisco et Annobón tablent, elles, sur une clientèle de villégiature.