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Guinée équatoriale : sur le devant de la scène

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Électrification en Guinée équatoriale : de quoi redoubler d’énergie

Avec la livraison d’importants projets sur le continent et sur l’île de Bioko, les capacités de production seront multipliées par cinq dès l’an prochain.

Mis à jour le 24 juin 2011 à 12:58

La centrale hydroélectrique de Djibloho, construite sur le fleuve Wele, non loin de la future cité d’Oyala, par l’entreprise chinoise Sinohydro, doit être livrée avant la fin de l’année. Une réalisation très attendue. D’une capacité de 120 MW (4 turbines de 30 MW chacune), la centrale va en effet « permettre de satisfaire 90 % des besoins en électricité de la région continentale », explique Marcelino Owono Edu, le ministre des Mines, de l’Industrie et de l’Énergie de la Guinée équatoriale. Sinohydro assure également l’extension et la modernisation du réseau de transport électrique à haute tension qui va relier les capitales de district et les grandes villes du Rio Muni. Il reste à finaliser la modernisation du réseau de distribution de la métropole de Bata.

Malabo à l’heure de Pékin

Envoi de coopérants, entreprises, échanges commerciaux… La présence chinoise en Guinée équatoriale s’intensifie et se diversifie. Elle est particulièrement marquée dans le BTP (China Road and Bridge Corporation, China Gezhouba Group Corporation, Tina Road, China Dalian International), la réalisation de centrales et de réseaux électriques (Sinohydro et China Machinery Engineering Corporation), et l’exploration pétrolière (China National Petroleum Corporation). Sans compter les nombreux commerces tenus par les Chinois et exclusivement destinés à la vente de produits made in China. En 2010, le volume du commerce entre les deux pays a dépassé le milliard de dollars (plus de 700 millions d’euros), dont 598 millions de dollars de marchandises importées par la Chine. Celle-ci a notamment acquis quelque 800 000 tonnes de pétrole (environ 5 % de la production équato-guinéenne), faisant du pays son septième fournisseur en Afrique. Fin 2010, l’investissement direct de la Chine en Guinée équatoriale a atteint 97,64 millions de dollars.

Complexe hydroélectrique

Le prochain projet phare sur le continent est déjà engagé, avec la construction d’une autre centrale hydroélectrique, également sur le fleuve Wele, près de Sendjé (dans le département de Mbini). D’une capacité de 200 MW, le complexe, dont la réalisation a été confiée à la société ukrainienne Douglas Alliance, devrait être opérationnel en 2014-2015. De quoi « couvrir les besoins futurs et, en particulier, favoriser le développement industriel du Rio Muni », souligne le ministre. Voire d’exporter le surplus vers les villes frontières des pays voisins.

L’île de Bioko n’est pas oubliée dans ce vaste programme d’électrification qui mise sur le développement des centrales hydroélectriques et à gaz (à l’horizon 2020, la part des centrales au fuel dans la production nationale ne sera plus que de 10 %). Confiés à la China Machinery Engineering Corporation (Cmec), les travaux d’extension de la centrale électrique à gaz de Punta Europa (Malabo), d’une capacité de 28 MW, apporteront 120 MW supplémentaires, grâce à trois turbines qui seront mises en service à la fin de cette année. 

Haute tension

Parallèlement, la Cmec est en train de construire une ligne à haute tension de 33 KW. La première phase de ce réseau, presque terminée, concerne la partie est de l’île, de Bianey à Riaba, à partir de Malabo. La seconde phase démarrera à Luba. À très court terme, grâce aux travaux d’extension et de modernisation du réseau de distribution électrique en cours, la capitale équato-guinéenne, qui dispose déjà d’une ligne à haute tension de 66 KW, ne devrait plus connaître de problèmes d’approvisionnement.

La capacité de production installée pour l’ensemble du pays devrait dès 2012 se situer aux alentours de 500 MW et quand la centrale de Sendjé sera fonctionnelle, en 2015, atteindre 700 MW. Soit une offre sept fois supérieure à l’actuelle, estimée à environ 100 MW, dont 40 MW sur Bioko.