Politique

Fonds d’investissement : des critères de choix

Mis à jour le 30 juin 2011 à 11:17

En se tournant vers des gérants pour qui sélectionner les meilleures valeurs est un métier, l’épargnant lambda peut désormais accéder à toutes les Bourses du continent en limitant les risques. Guide pratique.

Le saviez-vous ? Plus d’une dizaine de fonds d’investissement collectifs, ouverts à un large public d’épargnants, vous offrent désormais la possibilité de vous exposer aux marchés africains sans y investir directement votre argent. Les avantages ? La diversification des risques, puisque chaque fonds investit dans plusieurs dizaines de valeurs ; l’accès à de nombreux marchés et valeurs difficilement accessibles autrement ; la gestion du risque de change ; mais aussi, et surtout, le recours à un gérant pour qui sélectionner les valeurs africaines est un métier. Encore faut-il savoir quels sont les éléments importants à regarder.

1) L’amour du risque

Premier élément à ne jamais oublier : chaque gérant a sa propre aversion aux risques. Exemple ? Le fonds ETF Pan Africa, proposé par Lyxor (filiale de Société générale), a vocation, comme tous les exchange-traded funds (ETF), à répliquer un indice boursier officiel. Autrement dit, le gérant n’y a aucune liberté, n’adoptera aucune tactique mais se contentera d’acheter les valeurs qui composent l’indice. Une solution à privilégier si vous doutez des capacités des gérants à délivrer des performances régulièrement supérieures à celle du marché.

Chaque gérant a sa propre aversion aux risques.

Tous les autres gérants ont un rapport aux risques bien différent : certains privilégieront systématiquement les grandes capitalisations, dont la valorisation est souvent élevée mais dont le risque d’effondrement, financier ou boursier, reste limité. D’autres vont chercher un surplus de performance dans des petites valeurs, par exemple en investissant dans de jeunes sociétés minières ne disposant que de simples permis de recherche ou d’exploration. Avec un risque important : certaines de ces sociétés ne dégageront peut-être jamais de bénéfices.

Dans la même veine, les « paris » politiques ne sont pas du goût de tous, mais, quelques semaines avant les élections au Nigeria, plusieurs gérants se positionnaient résolument sur le marché boursier local, malgré le risque politique…

2) Le facteur expérience

Délicat sujet que celui de l’expérience des fonds et de leurs gérants. Certes, ce n’est pas une garantie d’efficacité mais elle reste malgré tout un élément positif. Notez donc la date de création du fonds, ainsi que, plus largement, l’expérience de la société de gestion dans l’investissement panafricain. Regardez aussi qui sont les gérants, depuis combien de temps ils sont aux commandes de ce fonds ou de tout autre fonds panafricain.

Les titres sud-africains sont parfois purement et simplement exclus. Une option préjudiciable.

Le jeune monde de la gestion d’actifs africains abrite déjà quelques solides expériences. Frontier Africa, géré par l’américain Ashmore EMM, investit ainsi sur les Bourses africaines depuis 1993. Mais il reste réservé aux clients institutionnels ou aux épargnants très fortunés. Malheureusement pour l’épargnant lambda, la plupart des fonds accessibles à un large public sont plus récents : ils ont souvent été créés au cours des trois dernières années. Mais à y regarder de plus près, certains gérants affichent plus d’expérience que d’autres. John Mackie, patron Afrique chez Stanlib, travaille ainsi dans ce domaine depuis plus de quinze ans.

3) Africain… ou presque

Parmi les fonds dits « panafricains », il y a différentes façons de l’être. Certains n’investissent qu’en Afrique, d’autres intègrent des valeurs dites « africaines » mais qui ne le sont pas au sens strictement juridique, comme celle du pétrolier Tullow Oil, dont l’essentiel de l’activité se situe sur le continent mais qui est de nationalité britannique. L’avantage, pour les gérants, est d’élargir le spectre des sociétés dans lesquelles investir, de disposer de meilleures garanties de liquidités et de gouvernance (ces sociétés étant cotées à Londres, Paris, etc.) et de transférer le risque politique à l’entreprise.

Entre les frais d’entrée et les frais de gestion, la facture peut être salée.

Par ailleurs, certains fonds n’investissent qu’au sud du Sahara. D’autres, en revanche, ajoutent à l’Afrique les sociétés du Moyen-Orient. Enfin, l’Afrique du Sud est parfois purement et simplement exclue. Un choix préjudiciable car il empêche de bénéficier de la croissance des nombreuses multinationales panafricaines basées à Johannesburg.

4) Attention aux frais !

La question des frais est loin d’être anecdotique. Car entre les frais d’entrée et les frais de gestion, la facture peut être salée. Les premiers, ceux appliqués lors de la souscription au fonds, peuvent être élevés et atteindre jusqu’à 5 % du montant investi, mais ils sont négociables à la baisse, sans difficulté. En revanche, les frais de gestion ne le sont pas et, sur un investissement de plusieurs années, peuvent faire une grande différence. Car selon les fonds panafricains, la facture peut aller d’un minimum de 2 % par an des sommes gérées, à plus de 3 %. Pour 10 000 euros investis sur dix ans, la différence peut donc s’élever à 1 000 euros. Mieux vaut donc les regarder au moment de souscrire. À ce titre, les ETF restent de loin les plus intéressants : n’étant pas activement gérés, ils affichent les frais de gestion les plus bas du marché.