Politique

Afrique du Sud : Julius Malema inquiète

Julius Malema. © AFP

Reconduit à la tête des jeunes de l’ANC, l’ex-supporteur inconditionnel de Jacob Zuma ne laisse pas d’inquiéter. Non sans raison.

Ce fut un scrutin sans surprise. Le 17 juin, Julius Malema, 30 ans, a été reconduit à la tête de la Ligue des jeunes de l’ANC (Ancyl), fondée en 1944 entre autres par Nelson Mandela. L’affaire était entendue depuis la veille. La majorité des 5 500 délégués présents était acquise au secrétaire général sortant, et son principal challengeur négociait déjà en coulisses un poste de secrétaire général adjoint.

En 2008, lorsque Malema arrive à la tête de la Ligue, personne ne prend vraiment au sérieux ce cancre – son cursus scolaire est chaotique – qui se dit prêt à mourir pour son idole, le futur président sud-africain Jacob Zuma. Mais aujourd’hui, « Juju » fait rire jaune. Encouragé par les « ultras » de l’ANC, il s’est investi d’une mission : ressusciter la lutte de libération. La date de l’élection elle-même est tout un symbole : le 16 juin, l’Afrique du Sud commémore les émeutes de Soweto de 1976 qui avaient fait entre 150 morts et 800 morts.

Au risque de raviver les braises de la haine raciale, Malema tire dans le tas. Sur les Blancs, « tous des racistes », « tous des assassins ». Sur les alliés de l’ANC, dont le parti communiste SACP et le syndicat Cosatu, qu’il accuse de ne plus défendre les intérêts des ouvriers. Il qualifie d’incapable Trevor Manuel, le président de la Commission nationale du Plan, ex-candidat potentiel de l’Afrique à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Jusqu’à Zuma, l’idole d’hier, devenu le punching-ball d’aujourd’hui : à mots couverts, il le traite de faiblard, incapable de mener une réforme agraire digne du Zimbabwéen Robert Mugabe. Tout pour les Noirs, rien pour les Blancs.

Dans l’ombre de Malema, Winnie Mandela, qui répète à l’envi qu’elle voit en lui « le prochain président », animé de « la même fougue que son ex-mari ». Mais aussi Tokyo Sexwale (le ministre du Logement) et Mathews Phosa (le trésorier de l’ANC), qui aimeraient bien voir Zuma débarrasser le plancher. « Au mieux, Malema les prend de court et brigue la présidentielle à leur place, commente un journaliste sud-africain. Au pire, il met le feu dans les townships. Et ça, ce serait catastrophique. »

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