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Vie des partis

Législatives guinéennes : première bataille de l’ère Condé ?

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La validité des listes électorales sont au cœur du débat en Guinée.

La validité des listes électorales sont au cœur du débat en Guinée. © Pascal Guyot/AFP

Prévu pour novembre, le scrutin doit mettre un point final à la transition en redonnant au pays un Parlement. Mais l’opposition conteste la reprise annoncée du recensement des électeurs.

« La Guinée n’est pas une démocratie. Elle doit d’abord se doter d’un Parlement crédible ! » lance Ibrahima, étudiant à l’université Gamal-Abdel-Nasser de Conakry. Pour lui, la transition ne sera réellement achevée que lorsque des députés élus dans des conditions acceptables siégeront à l’Assemblée nationale. Comme les partis politiques, il est las d’attendre un scrutin qui aurait dû avoir lieu il y a quatre ans.

Les dernières élections législatives en Guinée se sont en effet déroulées en juin 2002. Elles avaient été largement remportées par le Parti de l’unité et du progrès (PUP, alors au pouvoir) de feu Lansana Conté, qui occupait 85 sièges sur 114, contre 20 pour l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR) d’Ousmane Bah, l’actuel ministre des Travaux publics et des Transports, et 3 pour l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) du Premier ministre de transition Jean-Marie Doré, deux formations de l’opposition qui n’avaient pas boycotté le vote. Contrairement au Front républicain pour l’alternance démocratique (Frad), qui regroupait la plupart des partis luttant contre le régime de Lansana Conté, dont le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé.

En 2007 et 2008, malgré les promesses du gouvernement, le renouvellement de l’Assemblée nationale n’avait pas pu se faire, faute de financement, mais aussi en raison des tensions sociopolitiques quasi permanentes. Les députés élus pour cinq ans en 2002 ont donc siégé, de façon plus au moins régulière, jusqu’au putsch du capitaine Moussa Dadis Camara, le 23 décembre 2008. Il avait immédiatement ordonné la suspension de la Constitution, ainsi que la dissolution du gouvernement, du Parlement et de toutes les institutions de la République.

Mainmise politique

Désormais annoncées par le président Alpha Condé pour la fin du mois de novembre, les élections législatives suscitent de nombreux débats. Et la période préélectorale s’annonce tendue. Depuis plusieurs semaines, une quinzaine de partis politiques réunis autour des candidats malheureux à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo, de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), et Sidya Touré, de l’Union des forces républicaines (UFR), accusent le pouvoir de tout mettre en œuvre pour obtenir une victoire écrasante.

Ils dénoncent notamment la reprise prochaine du recensement intégral des électeurs, ainsi que la mainmise du ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques (Matap) sur le processus. S’appuyant sur la Constitution et le code électoral, ils rappellent que les listes ne peuvent faire l’objet que d’une révision et que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) est la seule chargée « de l’établissement et de la mise à jour du fichier électoral, de l’organisation, du déroulement et de la supervision des opérations de vote » 

Irrégularités

De son côté, l’État justifie la reprise du recensement par les nombreuses irrégularités et approximations observées sur les listes utilisées pour la présidentielle de 2010. Sur 4 297 688 inscrits, 491 241 présentaient en effet des « anomalies ». Mais selon le Matap, elles ne remettent pas en question la validité de l’élection d’Alpha Condé « car tout le monde était d’accord pour aller aux urnes avec ce fichier ».

L’État a débloqué 20,5 millions d’euros pour les législatives, commandé 2 000 kits de recensement et recruté 4 000 recenseurs ainsi que 3 000 informaticiens pour l’opération prévue sur deux mois. À ce stade, rien ne semble plus pouvoir l’arrêter. L’opposition s’apprête en tout cas à mener sa première grande bataille de l’ère Condé. Alors que le dialogue politique est inexistant, elle n’exclut pas de demander aux Guinéens de descendre dans la rue.

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