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Cet article est issu du dossier «Guinée : L'effet Alpha»

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Guinée : quand tout est prioritaire

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Réseaux ferroviaires et routiers lacunaires, faible taux d’électrification… Les autorités comptent sur l’aide de leurs partenaires extérieurs pour d’innombrables chantiers.

Touchée de plein fouet par les problèmes sociopolitiques qui ont jalonné la transition, cumulés aux crises externes – alimentaire en 2008 et financière en 2009 –, la Guinée sort péniblement d’une longue et difficile période. En 2009, la croissance a été légèrement négative (– 0,3 %) et les revenus de la population, déjà faibles, ont dramatiquement baissé. Selon le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) pour 2011-2012, le taux de pauvreté aurait ainsi bondi de 55 % en 2009 à 58 % en 2010 (contre 53 % en 2007 et 54,3 % en 2008), rompant avec son rythme d’augmentation régulier.

Sous l’effet conjugué d’une conjoncture internationale plus favorable et d’un climat sociopolitique apaisé, la situation s’est redressée en 2010. Estimé à 4,3 %, le taux de croissance devrait finalement être de 4,5 % en 2011. Pas suffisant, toutefois, pour réduire la pauvreté et faire face aux énormes besoins en infrastructures de base. 

Régions enclavées

Certes, dans le passé, un effort a été porté sur le bitumage et la réhabilitation de routes nationales et leur interconnexion avec le réseau routier des pays voisins. Mais hors de ces grands axes, la mauvaise piste reste la norme et des zones entières sont toujours enclavées. En particulier en Guinée forestière et dans le nord et le nord-ouest du pays. Excepté les lignes exploitées par les miniers, le chemin de fer, dont les rails ont été démontés et vendus en fraude, ne fonctionne plus depuis des années.

Le faible taux d’électrification est peut-être le scandale le plus notoire, dans un État à fort potentiel hydroélectrique (la Guinée est surnommée « le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ») : selon le gouvernement, seulement 17 % de la population ont accès à cette énergie. Près des trois quarts du pays – y compris les préfectures – n’en disposent pas. Les zones privilégiées sont la capitale, une partie de la Guinée maritime et du Fouta-Djalon (Moyenne Guinée). Mais le taux d’électrification en zone rurale n’était que de 3 % en 2009, d’après le Fonds africain de développement.

Face à cette situation, le nouveau pouvoir, dont les priorités sont l’agriculture, l’électricité et une transformation plus poussée de la bauxite et du fer, mise sur les partenaires extérieurs, en particulier la Chine, pour équiper le pays. Les projets ne manquent pas : centrales hydroélectriques de Souapiti (Moyenne Guinée) et Kaléta (Guinée maritime), réhabilitation de la ligne de chemin de fer reliant Conakry à Kankan (Haute Guinée) – confiée puis retirée au minier brésilien Vale –, construction d’un aéroport à Nzérékoré (Guinée forestière), etc. Des grands chantiers qui devront s’accompagner d’une amélioration du climat des affaires. « Nous sommes optimistes, car l’un des facteurs clés de la relance est la stabilité politique, qui est en bonne voie », confie un opérateur à Conakry. 

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