Économie

Banques : le Sud vire en tête

En 2036, les établissements bancaires des sept premiers pays émergents supplanteront par la taille leurs homologues du G7. Tel est le scénario écrit par le très sérieux cabinet PricewaterhouseCoopers.

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Mis à jour le 12 juillet 2011 à 09:35

Vue aérienne de Shanghai, un des plus fortes places mondiales de la banque. © AFP

La crise financière a fait « vieillir » prématurément les banques occidentales de dix ans. C’est l’amer constat (pour elles en tout cas) qui ressort du rapport « Banking 2050 », publié par PricewaterhouseCoopers (PwC) à la mi-juin. En 2036, selon les prévisions du cabinet d’audit et de conseil américain, les actifs des banques des pays émergents de l’E7 (Chine, Inde, Brésil, Russie, Mexique, Indonésie et Turquie) auront dépassé ceux des pays du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada). Un passage de témoin qui aura lieu avec une décennie d’avance : le précédent rapport de PwC sur ce sujet, paru en 2007, le prévoyait en 2046.

Mais la crise est passée par là. Elle a lourdement affecté le secteur bancaire occidental, tandis que celui des pays émergents a mieux encaissé le choc. Aujourd’hui, les banques américaines mènent toujours le bal, avec 14 772 milliards de dollars d’actifs (environ 10 353 milliards d’euros), soit 21,7 % du marché mondial. Le Japon (7 486 milliards de dollars) et la Chine (6 006 milliards) complètent le podium. Mais dans les vingt-cinq ans, le marché va exploser, redistribuant les cartes et les rapports de force. Selon PwC, les actifs cumulés de toutes les banques dans le monde seront multipliés par trois. De plus de 60 000 milliards de dollars en 2009, ils frôleront les 200 000 milliards vers 2035.

Dès 2030, le secteur bancaire de la Chine (avec 31 018 milliards de dollars d’actifs prévus) dépassera largement celui des États-Unis (26 841 milliards). « La Chine sera le plus grand marché bancaire mondial », prédit PwC. En troisième position, le Japon (9 774 milliards) aura alors reculé d’un cran et sera talonné par l’Inde (7 848 milliards), « qui deviendra la troisième puissance bancaire mondiale d’ici à 2035 ».

Ce dynamisme du Sud est confirmé par le classement « Emerging Banking Report 2011 » (EBR 2011) sur l’expansion des réseaux bancaires dans les pays émergents, établi par le cabinet de conseil Velhon Partners, paru lui aussi à la mi-juin. Il en ressort qu’après la crise l’Asie demeure la seule région à connaître une croissance à deux chiffres de ses réseaux bancaires en 2010 (+ 10,2 %). En revanche, les 50 premières banques de l’EBR 2011, majoritairement situées dans les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine), ont enregistré « des résultats comparables à leurs meilleures années ». Avec trois groupes dans le top 5 (voir graphique), dix dans le top 50, les établissements indiens poursuivent à un rythme intensif l’extension de leurs réseaux.

Le Maroc très actif. Hors des Bric, l’Indonésie, la Turquie, le Vietnam et le Mexique sont particulièrement actifs, tout comme le Maroc. Et le reste du continent ? « L’ensemble des acteurs bancaires en Afrique ont maintenu une croissance significative de leurs réseaux. Les établissements purement locaux ont été les plus affectés par la crise (6 % de croissance en 2010, contre 13 % un an plus tôt). Quant à la bonne tenue des banques non locales, elle concerne surtout des acteurs continentaux (marocains et nigérians) à la recherche de croissance au-delà de leurs marchés domestiques », détaille le cabinet Velhon Partners.