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Le retour de l’inflation

Mis à jour le 15 juillet 2011 à 12:41
Fouad Laroui

Par Fouad Laroui

Ecrivain

Friedrich von Hayek l’affirmait il y a plus d’un demi-siècle : « L’Histoire est une histoire de l’inflation. » Mais tout le monde semblait avoir oublié cet aphorisme depuis au moins une génération. Cependant, il y a aujourd’hui trois bonnes raisons qui font craindre la résurrection de ce monstre enterré un peu trop vite.

1. En trois décennies, la Chine est devenue l’atelier de la planète en proposant tous azimuts des produits moins chers que ceux de la concurrence. Cette politique agressive a abaissé les prix des marchandises échangées aux quatre coins du monde et ainsi contribué à maintenir l’inflation à des niveaux historiquement bas. Mais cette période arrive sans doute à sa fin. Les Chinois ont pris goût à la consommation et exigent de plus en plus fréquemment des hausses de salaire : la paix sociale dans l’empire du Milieu sera à ce prix dans les années qui viennent. Et ce n’est pas le Bangladesh ou le Vietnam qui pourront prendre la relève comme fournisseurs de biens manufacturés à bas prix.

2. Le développement des pays émergents fait que la concurrence pour les matières premières devient de plus en plus âpre. D’où, là aussi, une tendance de fond à la hausse des prix mondiaux, parfois masquée par les fluctuations de conjoncture.

3. Enfin, il y a les milliards de dollars ou d’euros injectés dans les économies européennes ou américaine dans le cadre des plans de relance keynésiens qui ont suivi la crise de 2008. Qu’il s’agisse d’endettement ou de création d’argent ex nihilo (le fameux quantitative easing), il est plus que probable que ces actions se traduiront par un surcroît d’inflation.

La première conséquence de ce retour de l’inflation sera une hausse des taux d’intérêt. Depuis octobre 2008, la Banque centrale européenne a abaissé à plusieurs reprises son taux directeur, de 4,25 % jusqu’à un minimum historique de 1 %. Début avril, elle l’a augmenté à 1,25 %. Gageons que ce n’est qu’un début…