Politique

ONU : un « Lula boy » à la FAO

Élu le 26 juin à Rome, le Brésilien José Graziano da Silva est le premier Latino-Américain à diriger l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Mis à jour le 12 juillet 2011 à 11:53

Le nouveau directeur général et son prédécesseur, le Sénégalais Jacques Diouf. © Ho New/Reuters

La roue tourne. Incapable d’imposer ses candidats à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2005, puis de l’Unesco en 2009, le Brésil a fait élire, le 26 juin, José Graziano da Silva à la direction générale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Vainqueur par 92 voix, contre 88 à l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos, Graziano succédera en janvier au Sénégalais Jacques Diouf, qui se retire après dix-sept ans d’exercice. La bataille fut tellement âpre que la délégation brésilienne demanda une interruption de séance de trente minutes, au cours de laquelle elle est parvenue à rallier les 77 pays non alignés. Une manœuvre qui a provoqué la protestation officielle de la Hongrie. Mais Moratinos, beau joueur, a tiré sa révérence en souhaitant bonne chance au nouveau directeur général.

Faim zéro

Né en 1949, José Graziano da Silva possède la double nationalité brésilienne et italienne. Il est titulaire d’une licence en agronomie et d’un doctorat en sciences économiques. Depuis 1977, il consacre sa vie au développement rural dans le cadre de ses activités politique, syndicale et universitaire.

Proche de l’ancien président brésilien Luis Inácio Lula da Silva, aux côtés duquel il a travaillé pendant trente-cinq ans, il a coordonné l’élaboration du programme Fome zero (« Faim zéro ») et veillé à son application en tant que ministre extraordinaire de la Sécurité alimentaire et de la Lutte contre la faim. Cette initiative a sorti 24 millions de Brésiliens de l’extrême pauvreté et réduit de 25 % la malnutrition dans le pays en cinq ans. Depuis 2006, il occupait les fonctions de sous-directeur général de la FAO et de représentant pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Auteur de 25 livres, ce professeur d’université promet de renforcer le leadership de l’organisation, de mobiliser de nouvelles ressources et de favoriser la coopération Sud-Sud. Ses priorités : la sécurité alimentaire, la maîtrise des maladies animales transfrontalières, la conservation des ressources marines, la lutte contre le changement climatique. « Un rêve dont vous rêvez seul ne restera qu’un rêve. Un rêve dont vous rêvez collectivement devient une réalité », a-t-il conclu, citant John Lennon, à la tribune de la FAO.