Bourse

Aziz Mebarek investit sans frontières

| Par Jeune Afrique
Cet ancien cadre industriel a lancé, à 31 ans, avec trois associés, sa société de capital-investissement.

Cet ancien cadre industriel a lancé, à 31 ans, avec trois associés, sa société de capital-investissement. © Africinvest

Ingénieur de formation, le tunisien Aziz Mebarek, cofondateur d’Africinvest-Tuninvest, est aujourd’hui l’un des principaux financiers du continent.

Pour cet homme qui n’aime pas se mettre en avant, l’idée même d’un portrait n’est pas franchement agréable… Hors de question de reprendre à son compte les réalisations de Tuninvest. Pourtant, il fait bel et bien partie des artisans du succès du fonds d’investissement panafricain. Né en 1963, ce Tunisien, ingénieur de l’École nationale des ponts et chaussées, à Paris, a connu un début de carrière rapide. Dès 1988, il prend la direction industrielle du groupe sidérurgique tunisien Tunisacier. Un poste qu’il occupe jusqu’en 1991, date à laquelle il s’installe à la tête et intègre le conseil d’administration de cette filiale du groupe italien Ilva. En 1994, il décide, avec trois associés, dont certains sont des amis de longue date, de fonder Africinvest-Tuninvest.

Un homme de sang-froid, doué d’une grande puissance d’analyse mais d’un naturel plutôt taiseux.

Équipe

À l’époque, trois brillants trentenaires – Ziad Oueslati, Karim Trad et Aziz Mebarek – oeuvrent dans l’ombre d’Ahmed Abdelkefi, fondateur de Tunisie Leasing mais aussi de Tunisie Valeurs, premier intermédiaire en Bourse de la place tunisienne. Cette personnalité de l’administration puis de la finance du pays, née en 1941, fait figure de parrain. « Notre équipe présentait un mix d’expériences complémentaires, que ce soit en matière financière, comptable, juridique ou industrielle », explique Aziz Mebarek. C’est le début d’une « vraie et belle aventure collective », qui n’a connu que peu de périodes d’instabilité. « Ils étaient tous très jeunes et, au début, ne connaissaient pas grand-chose au métier de capital-investisseur, se rappelle un financier qui les a rencontrés à cette époque. Ils ont pourtant connu le succès tout de suite, gagnant de l’argent dès leurs premières opérations. » Aziz Mebarek apparaît déjà comme une figure centrale. « Cet homme de sang-froid, doué d’une grande puissance d’analyse mais d’un naturel plutôt taiseux, était toujours derrière Ahmed Abdelkefi, comme un successeur naturel », estime un autre financier. Une impression confirmée par un avocat d’affaires tunisien : « Même s’il jouit d’une grande notoriété dans la communauté des affaires, personne ne sait comment il a réalisé son ascension. »

Initiatives

Vingt ans plus tard, le pari des quatre fondateurs est réussi. Au mois de mai, le groupe a conclu un investissement de 10 millions d’euros dans Inpackt, une industrie familiale tunisienne spécialisée dans l’emballage plastique. Dernière opération d’une longue série. Depuis sa création, Tuninvest a multiplié les initiatives, tant au nord qu’au sud du Sahara. Premier capital-investisseur à rayonner dans tout le Maghreb, il s’est aventuré en Afrique subsaharienne dès 2004, et reste aujourd’hui encore le seul acteur maghrébin du secteur à investir du Kenya à la Côte d’Ivoire. En Algérie, Tuninvest a surpris en introduisant à la Bourse d’Alger au début du mois de juin NCA Rouiba, une PME productrice de jus de fruit. « Certaines institutions internationales disaient qu’introduire des PME sur la Place d’Alger n’était pas possible », se rappelle Aziz Mebarek.

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Mais cet homme affable n’est pas seulement impliqué dans la gestion de son groupe. Il a aussi cofondé l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge), dont il a été le premier président. Ce qui l’a amené à devenir membre du premier conseil scientifique de l’École polytechnique de Tunisie. Sans parler de son autre engagement auprès de deux think tanks tunisiens indépendants – Tounes 2020, Action et développement solidaire -, constitués dans la foulée de la révolution tunisienne. Pour Aziz Mebarek, il s’agit de « participer au développement de la Tunisie et de concourir à son rayonnement ».

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