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Cet article est issu du dossier «Télécoms : à la recherche de nouveaux revenus»

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Économie

Intelsat mène la contre-offensive

Intelsat, le leader mondial des services par satellite, veut renforcer sa présence dans l’ouest et le nord du continent.

 
La vente de services de télécommunications satellitaires a le vent en poupe en Afrique. Selon le cabinet d’analyse Euroconsult, le nombre de VSAT (very small aperture terminals, paraboles permettant d’émettre et de recevoir) devrait passer de 65 000 à plus de 230 000 d’ici à 2021. Quant au nombre de foyers recevant la télévision par ce biais, il devrait au moins doubler dans les deux prochaines décennies.
 
Des évolutions dont entend bien profiter Intelsat, leader du secteur avec 2,61 milliards de dollars (1,97 milliard d’euros) de chiffre d’affaires l’an dernier, d’autant que ses perspectives sont moins alléchantes en Europe et aux États-Unis. Le groupe, dont le siège social est à Luxembourg mais le centre opérationnel à Washington, aux États-Unis, peut s’appuyer pour cela sur un réseau de 23 satellites consacrés au continent, le plus dense du marché. « Les services d’Intelsat sont accessibles partout en Afrique. Contrairement à ce que l’on pense, nous sommes avantagé par le développement de la fibre optique dans ses zones côtières et urbaines. Au lieu de nous faire concurrence, il augmente la demande : les clients souhaitent bénéficier du même type de services à l’intérieur des pays. Et loin des côtes, les opérateurs satellitaires sont les seuls à pouvoir offrir cette possibilité. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises (banques, sociétés d’assurances, compagnies minières et pétrolières) réclament un service continu garanti à 100 % pour leur informatique ; là encore, les satellites sont les seuls à pouvoir l’apporter en cas de problème sur le réseau filaire », explique Grant Marais, vice-président régional du département des ventes en Afrique d’Intelsat.

Cliquez ici.Le groupe luxembourgeois entend notamment percer dans le nord et l’ouest du continent. Pour cela, il a ouvert le 1er juin à Dakar un bureau commercial consacré à ces deux régions, dirigé par le togolais Lare Atcha-Oubou. Cette implantation au Sénégal ne doit rien au hasard. « Les opportunités de croissance sont nombreuses dans cette région, avec les nouveaux projets miniers, la mise en place de la télévision numérique terrestre, sans oublier le passage à la 3G – et demain à la 4G – en téléphonie mobile », fait valoir le nouveau directeur. Le choix de Dakar est mûrement réfléchi aussi. « La capitale sénégalaise est un hub aérien bien relié à Washington et à Johannesburg, où se trouvent notre siège opérationnel et la direction Afrique, mais aussi à tous les pays de la côte occidentale, de l’Algérie jusqu’au Congo. Le choix d’un pays francophone n’est pas anodin non plus, puisque 70 % des pays de cette zone parlent cette langue », poursuit Lare Atcha-Oubou. Ce dernier dénombre parmi ses clients les grandes sociétés de téléphonie comme Sonatel, Maroc Telecom, Bharti Airtel ou MTN Nigeria, qui représentent sa première source de revenus. Viennent ensuite les services d’accès satellitaire à internet aux entreprises comme Ecobank ou l’assureur NSIA ; puis les services de télévision par satellite, avec les organismes de diffusion radiophonique et télévisuelle du Sénégal (RTS), de Côte d’Ivoire (RTI), du Mali (ORTM) et du Burkina Faso (RTB).

Nouveaux entrants

Mais cette offensive d’Intelsat sur l’Afrique occidentale est également pour l’entreprise une réponse à la forte concurrence qui sévit dorénavant dans le secteur des télécommunications satellitaires dans la région. « En plus de nos concurrents traditionnels, les européens Eutelsat (dont la capacité doit doubler d’ici à 2015) et SES (qui a ouvert une antenne au Ghana), nous nous heurtons aussi à de nouveaux entrants sur le marché africain comme l’israélien Amos et Arabsat », indique Lare Atcha-Oubou, chargé de mener la contre-offensive. Intelsat entend concentrer ses efforts dans les pays à forte population, en particulier auprès des opérateurs mobiles : « La RD Congo, en Afrique centrale, et le Nigeria, en Afrique de l’Ouest, constituent des cibles prioritaires », prévient Grant Marais.

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